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Soulja Boy poursuivi pour 73M$, accusé de porter de fausses lunettes

Le rappeur est accusé de violences sexuelles et d'abus.

Soulja Boy poursuivi pour 73M$, accusé de porter de fausses lunettes
Nancy Dillon

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Nancy Dillon, originalement publié par Rolling Stone le 7 avril 2025. Nous republions l'article originalement intitulé Soulja Boy Accused of Lying, Wearing ‘Fake Glasses’ Amid $73 Million Sex Battery Case avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

L’avocat d’une femme accusant Soulja Boy de viol l’a présenté comme un patron brutal qui l’aurait battue et agressée sexuellement à plusieurs reprises, avant de se présenter au tribunal vêtu de «fausses lunettes» et d’un costume pour mentir aux jurés à propos des sévices allégués. En défense, l’avocat du rappeur a plutôt décrit l’artiste nommé aux Grammy Awards comme la victime d’une ex-compagne vengeresse qui chercherait à monnayer un «faux récit».


Lors des plaidoiries finales, lundi, dans un tribunal californien, la plaignante, désignée comme Jane Doe, a souvent pleuré en écoutant son avocat expliquer qu’elle méritait 73 620 000 dollars de dommages et intérêts pour les horreurs qu’elle aurait subies entre 2019 et 2020 dans le cadre de sa relation personnelle et professionnelle avec l’interprète de Crank That.

La femme affirme que l’artiste, de son vrai nom DeAndre Cortez Way, l’a engagée comme assistante personnelle salariée en janvier 2019 après une rencontre par l’intermédiaire d’un ami. Elle soutient avoir été violée pour la première fois durant une descente policière à la résidence de Way dans les collines de Malibu en février 2019, puis agressée sexuellement de façon régulière pendant plus d’un an. Elle admet que sa relation professionnelle a évolué vers une relation amoureuse «toxique» et parfois consentie, mais elle soutient que Way a «abusé de son autorité» et l’a manipulée émotionnellement, selon les arguments de son avocat.

«Il l’a violée, frappée, bottée, coupée. Il l’a soulevée, jetée au sol, étranglée, lui a laissé des ecchymoses en lui serrant le bras. Il l’a saisie par la tête devant un miroir en lui disant: “Personne ne t’aimera”», a déclaré l’avocat Ronald Zambrano devant le jury, alors que sa cliente éclatait en sanglots. «Il lui a pointé un pistolet Draco. Il l’a enfermée dans une pièce, menacée, a menacé sa famille, l’a privée de nourriture.»

L’avocat a présenté des captures d’écran de messages entre la plaignante et Way. Dans un échange en anglais particulièrement troublant daté du 20 avril 2020, Way écrit: «J’espère que tu meures lentement». La plaignante répond: «Si tu crois que tu peux continuer de me frapper, tu es cinglé», ce à quoi Way réplique: «Va te faire foutre, sale chienne». Dans d’autres messages, Way lui écrit: «J’espère que tu attrapes la COVID, pétasse» et «J’aurais dû te buter», rapporte Zambrano. L’avocat reproche à Way de n’avoir assumé aucune «responsabilité» pour les torts qu’il lui aurait causés. À l’inverse, dit-il, sa cliente a reconnu avoir fumé du cannabis, traité d’autres femmes de «bitch», posé avec des armes à feu et eu des rapports consentis avec Way.

«Ce sont des choses peu flatteuses. C’est humiliant pour elle, mais elle l’a admis», a-t-il souligné. «Lui, il n’a rien reconnu. Pas un message, pas une photo. Il n’assume rien qui ne le mette en valeur.» L’avocat a qualifié Way de comédien vêtu en «cosplay de nerd» tout au long du procès. Il a rappelé aux jurés que Way avait admis, lors du contre-interrogatoire, que ses lunettes n’avaient pas de verres correcteurs.

«C’était une mise en scène, un spectacle de quatre semaines avec des lunettes et un costume», a lancé Zambrano. «On vous demande d’acheter cet acte. Malheureusement, ma cliente, elle, y a cru. C’est pourquoi elle est retournée vers lui… Je vous demande de ne pas tomber dans le piège de cet homme aux lunettes factices qui veut vous faire croire qu’il est incapable d’infliger les ecchymoses, les coupures et d’écrire les messages que vous avez vus.»

L’avocat principal de Way, Rickie Ivie, a soutenu pour sa part que le récit de la plaignante «avait évolué avec le temps». Lorsqu’elle a d’abord signalé les faits à la police en décembre 2020, elle n’aurait pas mentionné avoir été assommée ou contrainte à une fellation. Ivie a aussi affirmé qu’un garde du corps présent lors d’une dernière rencontre entre les deux ex, fin 2020, a témoigné que la plaignante avait été «l’agresseure» dans cette altercation. «Pourquoi mentirait-il?» a demandé Ivie. «Il a été recommandé par un ami et engagé par l’avocate de la plaignante. Il n’a aucune raison de mentir.»

Ivie a affirmé que la femme n’était pas une employée salariée, mais une contractuelle indépendante qui aurait accepté un échange de services: rouler des joints pour Way en échange du gîte et du couvert. Il a qualifié cet arrangement de «standard dans l’industrie».

Il a aussi suggéré que la plaignante aurait pu s’échapper de la maison de Way pendant leurs voyages à Las Vegas ou au Kentucky. «Je pense qu’on peut toujours trouver quelqu’un à qui parler dans un aéroport. Il y a des policiers, des agents de sécurité. De l’aide partout», a-t-il déclaré.

L’avocat a affirmé que la plaignante avait tenté de régler l’affaire en décembre 2020 en exigeant 50 000 dollars et une Dodge Charger. Il a qualifié la démarche de «tentative d’extorsion».

«La plaignante est motivée par la jalousie, la vengeance et l’appât du gain», a-t-il dit au jury. «Elle voulait être payée. C’est tout ce dont il est question. Il ne s’agit pas de vérité.»

Dans un passage qui a manifestement irrité Zambrano, Ivie a remis en question les photos montrant les blessures de la femme, les jugeant non concluantes. Il a notamment mis en doute leur date et leur contexte. «Ces photos ne racontent pas toute l’histoire, elles soulèvent encore plus de questions», a-t-il déclaré.

Dans sa réplique finale, Zambrano a dit avoir été «enragé» par cet argument. Il a rappelé que Way avait d’abord tenté de discréditer une photo montrant des marques au cou de la plaignante, avant d’admettre qu’elle avait été prise dans sa maison, reconnaissable à une œuvre d’art visible en arrière-plan.

«Apparemment, elle n’a pas été assez battue», a lancé Zambrano, moqueur. «La coupure n’était pas assez profonde. L’ecchymose pas assez violette. Eh bien, la prochaine fois, on prendra deux semaines de plus pour vraiment y aller à fond.»

Le juge a commencé à lire les instructions au jury en fin de journée lundi, mais faute de temps, les délibérations commenceront mardi matin.

Le mois dernier, la plaignante a livré un témoignage graphique et éprouvant, relatant l’agression présumée dans la salle de bain lors de la descente de police de 2019. Elle affirme que Way a jeté plusieurs armes par une fenêtre dans un ravin, puis tenté de se débarrasser de drogues dans la salle de bain, où il l’aurait alors retournée, baissé son pantalon et «commencé à avoir des relations sexuelles» avec elle. Elle dit ne pas avoir dénoncé l’attaque immédiatement aux policiers du comté de Ventura, car elle était «terrifiée» par Way et craignait des représailles.

«Je craignais pour ma vie», a-t-elle confié au jury lors du quatrième jour du procès. Elle affirme que Way lui avait dit connaître l’adresse de sa mère et menacé d’y envoyer des hommes armés. «J’avais peur qu’il fasse du mal à ma famille à cause de moi», a-t-elle déclaré.

Elle dit avoir été tellement affamée début 2019 qu’elle a ramassé de la petite monnaie dans la maison pour la remettre aux jardiniers, afin qu’ils lui achètent des nouilles instantanées. Elle affirme avoir perdu près de 54 livres, passant de 140 à 86 livres, avant l’incarcération de Way en avril 2019 pour violation de probation liée à la perquisition. «Je ne me sentais même plus humaine. Je me sentais comme un animal», a-t-elle dit.

Lors de son témoignage, Way a reconnu une relation sexuelle avec la femme au moment où la police frappait à sa porte, dans sa maison louée à 25 000 dollars par mois. Mais il affirme que le rapport était consenti. «Je lui ai demandé si elle voulait le faire, et elle a accepté. Elle ne m’a pas repoussé, n’a pas dit stop, rien de ce genre», a-t-il soutenu.

Way, 34 ans, nie toute forme d’abus et prétend que leur relation était volontaire et fondée sur une affinité mutuelle. Il soutient que la femme rendait des services comme aller faire des courses, non pas parce qu’elle était employée, mais parce qu’il lui offrait un toit.

«Avez-vous déjà frappé la plaignante à la bouche, lui avez-vous fait saigner la lèvre, et l’avez-vous forcée à vous faire une fellation?» a demandé Me Ivie durant le témoignage de Way. «Bien sûr que non, c’est une allégation dégoûtante», a-t-il répondu. «Ça me semble complètement fou. Je n’ai jamais fait ça.»

Doe, qui a déposé sa poursuite en janvier 2021, accuse Way de voies de fait, d’agression sexuelle, de séquestration, de détresse émotionnelle, d’heures supplémentaires impayées et d’avoir entretenu un climat de travail toxique. Elle affirme avoir reçu des coups à la tête à au moins dix reprises, dont un épisode si violent qu’elle aurait perdu connaissance avant de se réveiller enfermée sans nourriture ni eau.

Way a également été accusé d’agression physique et sexuelle par deux anciennes compagnes: Kayla Myers et la mannequin Nia Riley, fille du musicien Teddy Riley. Le rappeur a participé aux téléréalités Love & Hip Hop: Hollywood et Marriage Bootcamp avec Riley.

En 2021, Nia Riley a raconté à la youtubeuse TashaK que Way l’aurait menacée avec une arme et lui aurait donné un coup de pied dans le ventre alors qu’elle était enceinte, causant une fausse couche. Une plainte déposée en mai 2021 par une autre plaignante anonyme reprend des allégations similaires. Ce dossier a d’abord donné lieu à un jugement par défaut, que Way conteste aujourd’hui, blâmant son ancien avocat pour n’avoir pas transmis ses coordonnées.

Dans une autre poursuite, Kayla Myers affirme avoir entretenu une relation intermittente avec Way jusqu’à ce qu’il l’aurait menacée avec une arme, agressée et séquestrée à son domicile le 1er février 2019. Un jury civil a reconnu Way responsable de cette agression et de cet enlèvement.

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Son parcours et celui de Red Rider est marqué par la détermination et l’esprit canadien. Dès les premiers concerts dans des bars de l’Est du pays, le groupe apprend à naviguer dans un univers parfois hostile. «Je me souviens d’un spectacle au Québec où le propriétaire sabotait notre concert en débranchant les amplis pendant qu’on jouait. À la fin de la semaine, il a mis un pistolet sur la table, quand on lui a demandé notre paye», se souvient Cochrane. Ces expériences formatrices lui enseignent la résilience et la débrouillardise, des qualités qui le suivront tout au long de sa carrière.

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