À peine quelques jours avant de s’envoler pour une tournée française de cinq dates, Kinji00 et LB66 feront un arrêt important à Montréal: une performance à Palomosa, le festival qui, selon eux, est l’un des rares événements québécois réellement connectés aux scènes musicales que les jeunes suivent aujourd’hui.
Pour le duo de frères, qui ont connu une année record, l’invitation représente beaucoup plus qu’une simple date de festival. Elle confirme aussi le rôle particulier que Palomosa commence à occuper dans l’écosystème musical montréalais.
«Quand je regarde la plupart des gros festivals au Québec, on dirait que la jeunesse n’est pas entendue», affirme Kinji00. «Les line-ups sont faits pour une autre démographie complètement.»
À leurs yeux, Palomosa fait exception.
«C’est le seul festival où les jeunes vont vraiment écouter la programmation puis se reconnaître dedans», poursuit son frère.
Depuis son lancement, le festival de Multicolore s’est construit autour d’une programmation qui mélange rap underground, hyperpop, musique électronique, club culture et artistes internet-native. Une approche qui rejoint directement une génération d’auditeurs ayant grandi autant sur SoundCloud, TikTok et Discord que sur les médias musicaux traditionnels.
Kinji00 et LB66 incarnent précisément cette nouvelle réalité. Leur musique mélange naturellement français et anglais, références hyperlocales et influences mondiales, sans chercher à reproduire les codes traditionnels du rap québécois.
«On a grandi sur internet», explique Kinji00. «Nos références viennent d’un peu partout dans le monde. On n’a pas grandi en écoutant juste des rappeurs québécois. C’était des trucs SoundCloud, des affaires de partout.»
Cette culture musicale sans frontières se reflète directement dans l’affiche de Palomosa cette année, qui réunit autant des artistes locaux émergents que des figures influentes des scènes underground internationales. Dans le passé, le festival a accueilli des noms comme Yung Lean, Arca, Jai Paul et Yousuke Yukimatsu.

«Mon booker m’a envoyé le line-up pendant que j’étais en cours, au CÉGEP», raconte-t-il. «Je voyais des noms comme fakemink, Thaiboy Digital, Lucy Bedroque… j’étais comme:“Yo what the fuck?” Je serais allé à Palomosa même si je ne performais pas!»
Il ajoute aussi que Thaiboy Digital, notamment, représente une influence de longue date pour le duo.
Cette proximité entre artistes et public contribue aussi à l’identité du festival. Contrairement aux grands événements plus institutionnels, Palomosa donne souvent l’impression d’une programmation pensée par des gens qui participent eux-mêmes aux communautés musicales qu’ils mettent en scène.
Pour Kinji00 et LB66, cette vision correspond exactement à leur époque. Une génération qui découvre ses artistes en ligne, construit ses références à travers des influences d’un peu partout simultanément et cherche des expériences capables de refléter cette réalité. Et c’est précisément ce qui les rend impatients de monter sur scène ce week-end.
«C’est juste crazy de pouvoir performer à côté de ces artistes-là», résume LB66.

















