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A$AP Rocky déclaré non coupable dans son procès pour agression avec arme à feu

Le rappeur a déclaré qu'il portait une arme factice qui ne pouvait tirer que des balles à blanc lors de son altercation avec son ancien ami A$AP Relli.

A$AP Rocky déclaré non coupable dans son procès pour agression avec arme à feu
DUTCH/Bauer-Griffin/GC Images

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Nancy Dillon par Rolling Stone le 18 février 2025. Nous republions l'article originalement intitulé A$AP Rocky Found Not Guilty in Gun Assault Trial avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

Un jury de Los Angeles a acquitté A$AP Rocky mardi des deux accusations d’agression avec une arme à feu qui pesaient contre lui, à la suite d’une altercation sur un trottoir avec son ancien ami A$AP Relli, qui s’était terminée par des coups de feu retentissant en plein cœur d’Hollywood.


Rocky, de son vrai nom Rakim Mayers, se tenait dans un costume rayé sur mesure, l'air calme, les mains dans les poches, tandis que les jurés entraient dans la salle d’audience pour rendre leur verdict après seulement trois heures de délibération. Rihanna était assise au premier rang aux côtés de la sœur de Rocky, Erika B. Elle a baissé la tête lorsque le greffier a commencé à lire la décision unanime.

Dès l’annonce du premier verdict de non culpabilité, Rocky a sauté par-dessus la barrière le séparant le public et s’est jeté dans les bras de Rihanna, qui l’a enlacé les yeux fermés. De nombreuses personnes dans la salle d’audience se sont écriées. Le rappeur s’est adressé aux jurés alors qu’ils quittaient la salle, leur disant : «Merci à tous de m’avoir sauvé la vie. Merci, merci.»

Debout sur les marches du tribunal, aux côtés de Rihanna et de son avocat Joe Tacopina, Mayers a de nouveau remercié les jurés, affirmant qu’ils avaient pris «la bonne décision» dans cette affaire très médiatisée. «Je suis juste tellement reconnaissant. C’est fou, en ce moment. Toute cette expérience a été folle ces quatre dernières années. Mais je suis reconnaissant malgré tout, reconnaissant et béni d’être ici, libre, en train de vous parler», a-t-il déclaré alors que les caméras l’encerclaient. Dans une story Instagram, Rihanna a écrit : «La gloire appartient à Dieu et à Dieu seul! Reconnaissante et humble face à sa miséricorde!»

Après le départ de Mayers et Rihanna dans un SUV noir, Tacopina a révélé que peu avant l’annonce du verdict, Mayers s’était tourné vers lui et avait dit : «Je ne peux pas respirer.» Mais une fois l’acquittement annoncé, son «émotion brute» a pris le dessus, a expliqué l’avocat. «Je ne savais pas qu’il était aussi athlétique. Il a fait un bond d’un seul coup [dans les bras de Rihanna], a plaisanté Tacopina. C’était du pur bonheur. Avant que le greffier ne lise le verdict, il ne savait pas s’il allait passer les deux prochaines décennies en prison ou rentrer chez lui.»

Tacopina, un avocat combatif connu pour représenter des clients de haut profil, dont Meek Mill, YG et le président Trump, a déclaré que le bureau du procureur du comté de Los Angeles devrait plutôt se concentrer sur la poursuite de Relli, de son vrai nom Terell Ephron.

«Ils ont des preuves d’extorsion. Il est enregistré en train de dire qu’il a demandé de l’argent à Rocky et qu’il partirait sur une île où le procureur ne pourrait pas le retrouver. C’est de l’extorsion. C’est monnayer une affaire criminelle, a déclaré Tacopina à Rolling Stone. Ils devraient le poursuivre. Il a tourné leur bureau en ridicule.» (Les avocats d’Ephron n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaire mardi.)

Un juré qui s’est entretenu avec Rolling Stone mardi soir a indiqué que tous les jurés n’étaient pas d’accord lors du premier vote en début de journée. Mais il n’a pas fallu longtemps avant qu’ils se concentrent sur les problèmes liés aux preuves, a-t-elle expliqué. L’option d’acquitter Mayers pour légitime défense n’a pas vraiment été prise en compte, a-t-elle ajouté.

«Nous avons passé beaucoup de temps à discuter du concept de doute raisonnable et de la chaîne de preuves qui nous a été fournie, en mettant de côté les personnalités, a-t-elle déclaré à Rolling Stone. Tout tournait fondamentalement autour du doute raisonnable.»

Mayers, 36 ans, était accusé d’avoir brandi un pistolet semi-automatique Glock 43 et de l’avoir pointé de manière menaçante sur Relli lors d’une altercation initiale près d’un parking à l’extérieur de l’hôtel W Hollywood, le 6 novembre 2021.

Pendant cinq jours de témoignages, Ephron a affirmé aux jurés que Mayers avait d’abord remis l’arme à sa ceinture, avant de la ressortir et de tirer deux coups de feu sur lui un pâté de maisons plus loin. Ephron a déclaré avoir immédiatement ressenti une sensation de chaleur sur sa main gauche et avoir cru avoir été effleuré par une balle de 9 mm.

Tout au long du procès, Mayers n’a pas nié avoir appuyé sur la gâchette. Il a cependant affirmé, par l’intermédiaire de son avocat, qu’il portait une arme factice reçue sur le tournage du clip D.M.B. qu’il avait tourné avec Rihanna en juillet 2021. Mayers a soutenu qu’il avait tiré deux balles à blanc en guise de «tirs d’avertissement» pour stopper l’attaque présumée d’Ephron contre A$AP Illz, un autre membre du collectif hip-hop A$AP Mob, selon son avocat.

Le procès de 13 jours a donné lieu à deux récits totalement opposés de ce qui s’est passé cette nuit-là. Selon la version d’Ephron, adoptée par les procureurs, Mayers l’avait insulté lors d’un appel téléphonique entendu la veille et était prêt à se battre lorsqu’il est arrivé au rendez-vous avec Illz, de son vrai nom Illijah Ulanger, et A$AP Twelvyy, de son vrai nom Jamel Phillips. Ephron affirme que Mayers a été le premier à passer à l’action en l’attrapant par le col. Il a témoigné que Mayers l’avait menacé de mort mais s’était ensuite éloigné en voyant des passants approcher.

Ephron a admis avoir suivi Mayers au coin d’une rue en le provoquant. Il affirme que Mayers s’est finalement retourné et a ouvert le feu à l’angle de Selma Ave. et Vista Del Mar Ave., mais qu’il n’a pas pu viser clairement car Ephron s’est emparé d’Ulanger et l’a utilisé comme un «bouclier humain». Après un appel au 911, la police s’est rendue sur les lieux, mais aucun douille ni trace de tir n’a été retrouvée, ont témoigné plusieurs officiers du LAPD. Ephron affirme être retourné sur place plus tard dans la nuit et avoir rapidement trouvé deux douilles en acier de 9 mm, qu’il a placées dans un sac en plastique et conservées pendant deux jours avant de les remettre à la police.

Dans la version de Mayers, c’est Ephron qui a été l’agresseur initial ce soir-là, le poursuivant sur deux pâtés de maisons et se montrant menaçant. Mayers n’a pas témoigné en sa propre défense, mais son avocat Tacopina a soumis Ephron à un contre-interrogatoire brutal, l’accusant d’avoir fabriqué des preuves pour tenter d’extorquer son ancien ami fortuné avec un procès de 30 millions de dollars. Qualifiant Ephron de «menteur pathologique enragé», Tacopina l’a accusé d’avoir supprimé quatre messages texte clés avant de remettre son téléphone à la police. Ces messages, envoyés à Mayers le matin de l’incident, l’insultaient et le défiaient d’en venir aux mains : «J’aimerais bien que tu le fasses», écrivait Ephron, ajoutant : «Donne-moi une raison.»

L’avocat a également affirmé qu’Ephron avait commis un autre parjure en déclarant que des enregistrements téléphoniques remis à Mayers par un ami commun étaient «faux» et créés par une intelligence artificielle. Dans ces appels, Ephron disait espérer extorquer plusieurs millions à Mayers avant de se cacher des procureurs sur une île tropicale. L’ami commun a ensuite authentifié les enregistrements à la barre, et les procureurs ont reconnu leur authenticité.

L’un des rebondissements les plus marquants du procès est survenu lorsque Tacopina a confronté Ephron avec une vidéo extraite de son téléphone, le montrant en train de tirer avec un pistolet semi-automatique dans un stand de tir le 19 octobre 2021, soit seulement deux semaines avant l’incident de Hollywood. Or, Ephron venait de témoigner qu’il n’avait jamais utilisé de 9 mm semi-automatique avant cette nuit-là, pas même dans un stand de tir. Dans la vidéo, on pouvait clairement voir des douilles éjectées par l’arme. Après avoir vu la vidéo, Ephron a affirmé que le stand de tir ne se trouvait certainement pas à Los Angeles. Trois jours plus tard, il est revenu à la barre et a admis, après avoir «fait des recherches», qu’il s’agissait en réalité du Los Angeles Gun Club. Tacopina a soutenu qu’Ephron avait été contraint de changer sa version après qu’un utilisateur de Twitter ait posté une photo de l’intérieur du stand de tir qui ressemblait «de manière identique» à la vidéo d’Ephron.

Dans son plaidoyer final, Tacopina a déclaré qu’Ephron avait «menti de manière flagrante» sur son accès aux douilles de 9 mm avant l’incident, qualifiant son témoignage de « mini-série sur le parjure». «Souvenez-vous de toute cette affaire en évaluant sa crédibilité, a-t-il déclaré. Il n’aurait aucune raison de mentir là-dessus, à moins qu’il n’ait quelque chose à cacher.» (Ephron a affirmé aux jurés qu’il n’avait fabriqué aucune preuve dans cette affaire.)

Aucune empreinte digitale n’a été retrouvée sur les douilles remises par Ephron et aucune arme à feu n’a jamais été retrouvée. Des extraits de vidéos de surveillance montrant l’altercation initiale dans le garage et la supposée fusillade un pâté de maisons plus loin ont été visionnés à plusieurs reprises par les jurés. La vidéo de la fusillade n’avait pas de son, mais les procureurs l’ont synchronisée avec l’enregistrement de deux détonations captées par une autre caméra située à un angle différent. Les avocats de Mayers ont utilisé la même méthode pour produire leur propre synchronisation. Dans la version de l’accusation, le premier coup de feu survient juste avant qu’Ephron ne soit en contact avec Ulanger. Dans la version de la défense, il survient après, soutenant ainsi l’affirmation selon laquelle Mayers aurait tiré pour défendre Ulanger. Le juge a autorisé les deux vidéos à être présentées, laissant aux jurés le soin de décider laquelle était la plus convaincante.

Le témoin clé de la défense de Mayers était A$AP Twelvyy. Il a déclaré aux jurés qu’Ephron avait été l’agresseur depuis le début et que l’arme factice n’était apparue que parce que le pantalon de Mayers commençait à tomber pendant l’altercation initiale, l’obligeant à la saisir avec sa main gauche, non dominante. Il a affirmé qu’Ephron savait pertinemment qu’il s’agissait d’une arme factice et qu’il aurait même crié à un moment donné : «Tire avec ton faux flingue!» (Dans son témoignage précédent, Ephron a nié avoir qualifié l’arme de factice mais a reconnu avoir défié Mayers de tirer en disant : «Si t’as un flingue, sers-toi-en.»)

Pour appuyer encore davantage la défense de l’arme factice, Mayers a appelé à la barre Lou Levin, un manager de tournée connu sous le nom d’A$AP Lou. Levin a déclaré que Mayers avait reçu l’arme factice sur le tournage du clip D.M.B. avec Rihanna en juillet 2021 et qu’il la portait ce soir-là pour dissuader toute violence. Levin a affirmé qu’il avait personnellement rendu l’arme au co-réalisateur du clip après l’incident.

Le procès très médiatisé a été marqué par des tensions entre Tacopina et le procureur adjoint John Lewin, connu pour avoir poursuivi Robert Durst. Un après-midi, les échanges sont devenus si houleux que le juge Arnold a dû crier « Ça suffit ! » alors que Mayers s’interposait entre les deux hommes pour calmer le jeu.

L’affaire a également fait les gros titres en raison de la présence de Rihanna au tribunal. La chanteuse, qui partage deux jeunes fils avec Mayers, a assisté à sept jours du procès, assise au premier rang. Un après-midi, elle est arrivée en retard et a salué Mayers avec une longue étreinte dans un vestibule à l’extérieur de la salle d’audience. Le jour de la Saint-Valentin, elle a caressé doucement la joue de Mayers pendant une pause, tandis qu’ils étaient assis sur un banc, entourés de gardes du corps.

Après le verdict, Tacopina a révélé que Mayers avait essayé de dissuader Rihanna d’assister au procès, mais qu’elle avait refusé : «Il voulait la protéger. Mais elle m’a dit : "Joe, je sais qu’il ne veut pas que je sois là, mais j’y vais. C’est mon partenaire. C’est le père de mes enfants. J’y vais."»

Mayers, âgé de 36 ans, est non seulement un rappeur reconnu, mais aussi une icône de la mode masculine. Il a été le visage de campagnes pour Gucci, Bottega Veneta et Savage X Fenty de Rihanna. Son procès a contrasté avec son style de vie luxueux aux côtés de sa compagne milliardaire. Il était censé être la tête d’affiche du festival Rolling Loud California en mars et co-présider le Met Gala en mai. Les fans attendent également la sortie imminente de son quatrième album, Don’t Be Dumb, et son premier grand rôle au cinéma dans Highest 2 Lowest, un remake du film High and Low de Kurosawa, réalisé par Spike Lee.

Le procureur n’a pas commenté après le verdict mais a déclaré dans un communiqué que son bureau restait engagé à «rechercher la justice», peu importe la célébrité des accusés.

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