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Les 10 meilleurs albums québécois de 2024 jusqu’à présent

De l’excellente musique, dans tous les styles, pour tous les goûts.

Les 10 meilleurs albums québécois de 2024 jusqu’à présent
Photos:Courtoisie / Montage:Alex Filipas

La première moitié de l’année nous a gâtés avec des découvertes remarquables, des pépites champ-gauche, des retours inattendus et bien plus encore. En attendant de découvrir les nouvelles sorties de l’automne, voici nos dix albums québécois préférés de 2024 jusqu'à présent, sans ordre précis.


Les Cowboys Fringants – Pub Royal


Le décès de Karl Tremblay en novembre dernier a attristé des générations de Québécois qui avaient développé un attachement très fort au fil des 25 dernières années à la musique incontournable des Cowboys Fringants. Ses complices de scène ont ravivé ce sentiment de deuil collectif en lançant sans préavis cinq mois plus tard l’album posthume Pub Royal. Impossible de ne pas être submergé par l’émotion en entendant la voix toujours aussi vigoureuse de Karl Tremblay, malgré le cancer qui le rongeait, sur six des titres qu’il a eu le temps d’enregistrer avant son départ. Marie-Annick Lépine et Jean-François Pauzé prennent brillamment la relève sur les autres chansons qui, malgré leurs thèmes sombres, sont traversées d’une éblouissante lumière.

Myriam Gendron – Mayday


«Je serai là demain/Tout va bien», répète Myriam Gendron sur Berceuse, la dernière chanson de ce magnifique album folk. Telle une berceuse, l’écoute de Mayday, troisième album de l’autrice-compositrice-interprète, procure tendresse et réconfort, notamment grâce au timbre profond et posé de la chanteuse. Tout en lenteur et en douceur, les chansons se déploient dans des arrangements minimalistes, mais soigneusement réfléchis. S’inscrivant dans la continuité de son précédent effort, l’acclamé Ma délire – Songs of love, lost & found, Mayday puise aussi dans le répertoire traditionnel. Ses textes en français et en anglais évoquant le deuil et la filiation, touchant à l’intime et l’universel, sont aussi de toute beauté.

Mike Shabb – Sewaside III


Mike Shabb n’a rien à envier aux rappeurs les plus en vus d’u Québec et même d’ailleurs dans le monde tant la qualité de sa production est impeccable. Unique en son genre, le jeune artiste établi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal épate par son rap honnête et frontal, inspiré de la vieille école – le titre de ce troisième album de la série Sewaside fait notamment allusion au suicide de son père. L’originalité et la beauté absolue de l’instrumentation de jazz feutré qui habille ses textes confère à l’ensemble une ambiance mystérieuse et parfois lugubre, qui donne envie de réécouter cet album encore et encore.

Corridor – Mimi


Mimi, c’est le nom du chat illustré sur la pochette du plus récent album du groupe Corridor. Sur les huit nouvelles chansons, son chanteur et parolier Jonathan Robert – qui fait aussi carrière en solo sous le nom de Jonathan Personne – aborde le temps qui passe et les désillusions de la vie d’adulte, notamment sur la poignante chanson Mourir demain. Sa voix éthérée se fond parfaitement aux arrangements rock aventureux et soignés de ses musiciens. L’ajout de Samuel Gougoux au groupe, qui connait un succès sans pareil depuis sa signature avec l’étiquette américaine Sub Pop en 2019, permet à Corridor d’explorer davantage du côté de l’électro, ce qui enrichit grandement l’ensemble.

Shaina Hayes – Kindergarten Heart


Dès les toutes premières secondes de la toute première écoute de cet album, on a succombé à l’univers folk enchanteur de l’artiste gaspésienne Shaina Hayes. Comme son titre le laisse deviner, Kindergarten Heart émerveille en nous donnant accès au son cœur d’enfant de l’autrice-compositrice-interprète, qu’elle partage généreusement à coup de chansons lumineuses qui empruntent tantôt au country, tantôt à la dream pop. Une finesse et une candeur se dégagent des arrangements soigneusement orchestrés. Cerise sur le sundae, la voix claire et légère de Shaina Hayes habille le tout d’une belle touche de délicatesse.

Bibi Club – Feu de garde


La rivière, le courant, la forêt, le lac… Avec ce deuxième album très poétique, le duo Bibi Club nous fait voyager en pleine nature, loin du tracas, des bruits et du bouillonnement incessant citadin. Bref, Feu de garde, c’est un refuge pour nos oreilles et notre esprit. Le duo composé d’Adèle Trottier-Rivard et de Nicolas Basque pèse ici un poil plus fort sur la pédale, offrant un effort un peu plus rock que son prédécesseur, l’acclamé Le soleil et la mer. Comme toujours, la voix cristalline et la présence magnétique de la chanteuse envoutent complètement, nous invintant à tout coup à une écoute attentive.

Kaytranada – Timeless


Timeless comme dans intemporel. Voilà qui décrit à merveille la musique que crée le compositeur québécois Kaytranada : une fusion habile entre les sons dance très actuels et des influences puisant dans les racines du hip-hop, de la soul et du R&B. Ici, l’artiste né Louis Kevin Celestin s’aventure même dans le new wave et, nouveauté, laisse entendre sa propre voix sur quelques titres. Avec des collaborateurs de renom comme Childish Gambino, Anderson .Paak, Charlotte Day Wilson et Rochelle Jordan, ce troisième album solo très attendu rempli les attentes, quatre ans après le succès de Bubba, qui lui a valu deux Grammy, et huit ans après 99,9%, qui lui a permis de mettre la main sur le prix Polaris.

Douance – Monstre


Allez, on ose un jeu de mot facile : elle est douée, Douance. La musicienne nommée Alexandrine Rodrigue partage pourtant ses doutes et ses angoisses au fil des 10 titres de ce premier album fort prometteur. «Arrête de te faire du souci pour tout et pour rien», chante-t-elle dès les premières notes de l’album, donnant le ton pour la suite. Car le Monstre du titre, c’est celui qui sommeille en elle – et en nous tous –, celui qui nous fait croire qu’on n’est pas assez. L’ensemble est porté par une solide instrumentation rock planante aux accents de grunge. Un album libérateur d’une artiste à surveiller.

Florent Vollant – Tshitatau


Le légendaire artiste innu Florent Vollant n’a pas fini de nous éblouir avec son talent. Sur son sixième album, le cofondateur du mythique groupe Kasthin élargit ses horizons. Tout en baignant dans les sonorités folk et bluegrass qu’il maîtrise à la perfection, le vétéran flirte sur quelques titres avec le reggae dans un mélange des genres étonnement réussi. De sa voix rauque et fragile, l’artiste établi à Mani-utenam sur la Côte-Nord rend hommage dans sa langue maternelle, l’innu-aimun, à son territoire et sa communauté. Tshitatau veut d’ailleurs dire «vous étiez là». Et on le sera tant et aussi longtemps qu’il continuera à nous offrir de l’aussi bonne musique!

Canicule – Boyz


Après avoir remporté le prestigieux prix SOCAN de la chanson de l’année en 2019 pour le succès explosif On fouette, le clan de Canicule – formé des rappeurs Tizzo, Shreez, Soft, Salgrimo, Le Ice, Moto, Chiko, Peeda et YoAlain! – a fait un retour remarqué ce printemps avec un nouvel album rap décapant qui démontre hors de tout doute que l’union fait la force. Ces 17 nouveaux titres étalés sur près d’une heure font place à des beats accrocheurs et à une atmosphère survoltée, portée par l’énergie contagieuse de l’ensemble. Au-delà de leurs textes parfois crus, les gars osent se montrer vulnérables sur certains titres, faisant preuve d’une belle introspection.

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Goodbye Karelle- Nice Run Bird (avec Peypo)

L'artiste et comédienne Karelle Tremblay, alias Goodbye Karelle, prépare la sortie de son prochain album, Knuckle Breaker Maxxx, prévue pour le 16 janvier prochain. Le troisième extrait de l'album, une collaboration avec Peypo intitulée Nice Run Bird parait dès aujourd'hui.

Produite par Tremblay elle-même et Zachary Beaudoin, la chanson a de forts accents de trip-hop et est parfaitement complimentée par les flows autotunés de Peypo.

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La saga entourant la maison de Malibu conçue par Tadao Ando, achetée par Kanye West pour 57,3 millions de dollars en 2021, dépouillée jusqu’à sa coque de béton puis revendue à perte, a connu un nouveau rebondissement jeudi, lorsqu’un juge a rejeté la tentative du rappeur de bloquer des poursuites judiciaires intentées par un consultant en construction qui affirme avoir été placé en «danger extrême» sur le chantier.

Lors d’une audience, un juge de la Cour supérieure du comté de Los Angeles a rejeté la demande de West visant à restreindre sévèrement la poursuite en droit du travail déposée en 2023 par Tony Saxon. West, qui se fait désormais appeler Ye, soutenait que Saxon ne devait pas pouvoir réclamer de paiements liés à la construction, incluant des honoraires allégués de 20 000 dollars par semaine, au motif que Saxon n’était pas un entrepreneur dûment licencié. Dans sa décision, le juge a estimé que cette contestation était prématurée, concluant que les allégations de Saxon avaient été adéquatement formulées et que toute question liée au permis devait être tranchée par un jury.

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Tate McRae: la vraie vie d’une superstar de la pop

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«Fix your fucking self», exige Tate McRae, les hanches en mouvement, ses cheveux blond foncé virevoltant. La pop star canadienne est sur scène au Madison Square Garden de New York, interprétant son nouvel hymne de rupture Tit for Tat devant une foule comble d’environ 15 000 fans. Elle porte un minishort rouge cerise, un soutien-gorge assorti — de la même teinte que celui porté par Britney Spears dans le clip de Oops!… I Did It Again — et des bas noirs montant jusqu’aux genoux. Elle sautille joyeusement le long de la passerelle et sourit avant de reprendre sa chorégraphie féroce et cinétique, rejetant la tête en arrière, lançant chaque jambe sur le côté dans une fente, ses abdominaux luisants de sueur. Vers le point culminant de la chanson, des explosions pyrotechniques retentissent, synchronisées à la seconde près où McRae et ses danseurs lancent tous leurs mains en l’air. La foule est captivée, hurlant tout en documentant l’intégralité du spectacle sur leurs téléphones. Ils perdent presque la tête lorsque McRae joue son succès Sports Car lors du rappel, alors qu’elle rampe à quatre pattes avant de faire un grand écart debout sur une chaise (dans le monde du ballet, on appelle cela un penché).

Ces fans, adorablement surnommés les Tater Tots, sont tous vêtus de minishorts eux aussi — les leurs sont principalement à imprimé léopard — et de maillots avec «T8» au dos. Beaucoup d’entre eux sont ici parce qu’ils ont grandi avec McRae, la suivant depuis qu’elle a commencé à publier des vidéos virales de ses chansons en 2017. Mais la personne qu’ils vénèrent est quelqu’un de complètement différent. Sur scène, c’est Tatiana, l’alter ego de McRae — une superstar badass, sexy et intrépide qui a sournoisement dominé le monde de la pop toute l’année, un mouvement de danse anormalement souple à la fois. Ses bijoux dance-pop sont simultanément prêts pour les clubs et remplis de lignes introspectives sur la féminité. Ce sont aussi le genre de chansons qui peuvent vous faire perdre toute inhibition, si vous les laissez faire. «Je commençais à perdre connaissance sur scène et à devenir cette personne que je ne pouvais pas expliquer, ni ma famille ni mes amis, et j’avais besoin d’une raison pour cela», dit McRae à propos de Tatiana. «Et je pense que cela m’aide à saisir l’étrange théorie selon laquelle je ne suis pas nerveuse devant 15 000 personnes, et pourquoi je peux être nerveuse lors d’un souper avec quatre personnes.»

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Wolf Parade réédite 'Apologies to the Queen Mary'

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Le groupe montréalais Wolf Parade a eu une grosse année 2025, et 2026 s'annonce tout aussi excitante.

Alors que le groupe a passé l'année dernière sur la route pour célébrer les 20 ans de Apologies to the Queen Mary, leur album séminal paru en 2005, Wolf Parade a eu droit à un regain de popularité considérable durant les Fêtes. En effet, leur chanson I'll Believe in Anything, qui a une place de choix dans le cœur et l'émission du montréalais Jacob Tierney, créateur de la série à succès Heated Rivalry.

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Notre dernière conversation avec Bob Weir
Remembering Our Last Conversation With Bob Weir
Photo by Michael Ochs Archives/Getty Images

Notre dernière conversation avec Bob Weir

Ceci est la traduction adaptée d’un article d'Angie Martoccio, originalement publié par Rolling Stone le 11 janvier 2026. Nous republions l'article originalement intitulé Remembering our last conversation with Bob Weir avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

À la fin, je pensais toujours à ses Birkenstocks. Je jetais souvent un coup d’œil vers elles pendant notre entrevue, nos deux paires côte à côte sur le plancher du studio, sous le canapé où nous étions assis. Ce sont les Birkenstocks de Bob Weir!, me disais-je. Mais lui n’y prêtait aucune attention, même si les sandales étaient devenues une signature de son apparence au fil des ans. Il s’employait plutôt à jongler avec mes questions du mieux qu’il pouvait, se caressant la barbe et sirotant un verre de Coke. Il s’ouvrait à moi avec douceur, la glace tintant pendant qu’il fouillait dans sa boîte à souvenirs. Je n’avais aucune idée qu’il ne serait plus là moins d’un an plus tard.

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