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Sept points à retenir du témoignage de Cassie au procès de Sean Combs

La chanteuse de R&B, mannequin et actrice de 38 ans a témoigné mardi, lors de la première semaine du procès de Sean Combs pour trafic sexuel et complot de racket

Sept points à retenir du témoignage de Cassie au procès de Sean Combs
Elizabeth Williams/AP

Casandra «Cassie» Ventura a parlé publiquement pour la première fois des abus sexuels, physiques et émotionnels qu’elle affirme avoir subis durant sa relation de dix ans avec Sean «Diddy» Combs, entrant dans des détails pénibles à propos des orgies [nommées «freak-offs» en anglais] alimentés par la drogue, devenus emblématiques des accusations portées contre Combs.

La chanteuse de R&B, mannequin et actrice de 38 ans a témoigné mardi, lors de la première semaine du procès de Sean Combs pour trafic sexuel et complot de racket. Le magnat du hip-hop a plaidé non coupable des cinq chefs d’accusation retenus contre lui.


Mardi a marqué la première fois que l’ancien couple de célébrités se revoyait en personne depuis leur rupture en 2018. Soutenue au tribunal par son mari, Alex Fine, son frère et d’autres proches, Ventura, calme et posée, a témoigné pendant la majeure partie de la journée à propos de ces rencontres sexuelles «ritualisées» et «chorégraphiées» qu’elle «détestait», mais auxquelles elle se sentait obligée de se soumettre.

Ventura a déclaré aux jurés qu’après sa première orgie à l’âge de 22 ans — une époque où elle se disait «naïve» et «émerveillée» par son patron de label, Combs — ces rencontres sexuelles «humiliantes» durant plusieurs jours avec Combs et des travailleurs du sexe avaient lieu presque chaque semaine. Ventura a témoigné que ces dernier étaient payés plusieurs milliers de dollars en espèces, leur rémunération dépendant de leur performance lors de l’acte sexuel.

Elle a affirmé que Combs contrôlait presque tous les aspects de sa vie quotidienne et qu’elle vivait dans la peur de le mettre en colère, ce qui pouvait entraîner des violences physiques. En évoquant sa participation aux orgies, Ventura — enceinte de plus de huit mois de son troisième enfant — a brièvement été submergée par l’émotion et a pleuré en tentant d’expliquer pourquoi elle continuait à y participer, et l’impact global que cela avait eu sur elle.

Ventura devrait témoigner une seconde journée, mercredi, à propos de sa relation «abusive» de dix ans avec Combs. Les procureurs ont indiqué qu’ils poseraient davantage de questions sur l’agression à l’hôtel InterContinental en mars 2016, filmée par des caméras de surveillance, et qu’ils présenteraient également des preuves photographiques en lien avec des orgies filmées. Après l’interrogatoire principal, l’équipe de défense de Combs, composée de ténors du barreau, prévoit de contre-interroger Ventura jusqu’à jeudi.

Voici sept des principaux éléments à retenir du témoignage de Ventura.

1. À l’intérieur des prétendus «freak-offs»
Ventura a décrit aux jurés chaque étape des orgies hautement ritualisées que, selon elle, Combs orchestrait et contrôlait. Bien que les lieux variaient, a-t-elle témoigné, la mise en place était généralement la même : les suites d’hôtel et les chambres privées étaient remplies de flacons d’huile pour bébé, de lubrifiant et de bougies parfumées à l’odeur forte destinées à instaurer une certaine ambiance. Avec les années, Ventura a précisé que l’éclairage avait été remplacé par des lumières LED colorées comme celles utilisées dans les studios d’enregistrement.

Les rapports sexuels avec les travailleurs du sexe suivaient un schéma, selon Ventura : les deux hommes se frottaient d’abord de l’huile pour bébé jusqu’à briller. S’ensuivaient des caresses et des massages, puis le sexe oral et enfin la pénétration. «C’était son fantasme, a déclaré Ventura. Il contrôlait toute la situation. Il dirigeait tout. Il s’occupait de l’éclairage. Il nous disait où nous placer, quoi dire, comment nous comporter dans la pièce.»

Parfois, a-t-elle ajouté, elle tentait d’«accélérer» le déroulement des événements parce qu’elle voulait simplement être seule avec Combs. «La plupart du temps, je voulais juste pouvoir aller dans l’autre pièce où nous pouvions passer du temps ensemble, rien que tous les deux», a-t-elle dit.

2. La nature «contrôlante» de Combs
Ventura a expliqué qu’elle avait signé sur le label de Combs à l’âge de 19 ans, alors qu’elle était «naïve», et qu’au moment où leur relation a commencé, elle était «sous son charme». Elle affirme que Combs exerçait une domination à la fois sur sa carrière et sur sa vie personnelle.

Combs aurait donné des directives à Ventura sur sa coiffure et la couleur de vernis qu’elle devait porter, suggérant même certains piercings corporels. «Sean contrôlait beaucoup d’aspects de ma vie, que ce soit ma carrière, ma façon de m’habiller, tout, a témoigné Ventura. Je n’avais tout simplement pas l’impression d’avoir mon mot à dire à cette époque, étant très jeune, super naïve, et totalement encline à vouloir plaire aux autres.»

Concernant son logement, Combs payait presque tous les appartements de Ventura à New York et à Los Angeles — tous situés à une distance pratique de chez lui.

Bien qu’elle ait signé un contrat de dix albums avec le label de Combs, Bad Boy, Ventura n’a sorti qu’un seul album studio. Elle a expliqué qu’elle enregistrait constamment de nouvelles chansons, mais qu’elles n’étaient jamais publiées. Bon nombre des morceaux qu’elle avait enregistrés «ne voyaient tout simplement jamais le jour», a-t-elle déclaré.

Ventura a affirmé que Combs voulait savoir où elle se trouvait à tout moment et que s’il ne parvenait pas à la joindre immédiatement par téléphone, il l’appelait sans relâche jusqu’à ce qu’elle réponde. D’autres fois, Combs aurait envoyé ses agents de sécurité pour la retrouver physiquement. Elle a affirmé qu’il lui confisquait souvent sa voiture et son téléphone, et la mettait à la porte de son appartement comme punition.

3. Accusations de violences physiques fréquentes
Ventura a affirmé que Combs avait commencé à la frapper physiquement lorsqu’elle avait 22 ans. «Il m’écrasait la tête, me faisait tomber, me traînait, me donnait des coups de pied, euh, me piétinait quand j’étais à terre», a-t-elle témoigné.

Elle a précisé que les agressions étaient «trop fréquentes», entraînant «des bosses sur le front, des lèvres éclatées, des lèvres gonflées, des yeux au beurre noir, le blanc de mes yeux devenait rouge, euh, des bleus partout sur le corps.»

Ventura a expliqué que les coups pouvaient venir d’un simple changement d’humeur chez Combs. «Je faisais la mauvaise expression, et la seconde d’après, je me faisais frapper au visage», a-t-elle témoigné. Elle a dit qu’elle craignait sérieusement de provoquer une réaction de colère chez Combs et qu’elle faisait tout pour ne pas l’énerver.

4. Le traumatisme psychologique des orgies
Au cours de ses longues heures de témoignage, Ventura s’est effondrée en tentant d’expliquer pourquoi elle continuait à participer aux orgies avec Combs. «Je ne voulais juste pas que quelque chose de mauvais arrive», a-t-elle dit, précisant que «quelque chose de mauvais» pouvait être Combs «devenant violent» avec elle ou encore qu’il trouve une autre femme prête à faire des orgies avec lui. «Quand on tient vraiment à quelqu’un et qu’on est amoureux, on ne veut pas le décevoir», a-t-elle ajouté.

Mais continuer à participer aux freak-offs a eu un impact néfaste sur sa santé mentale, a-t-elle affirmé. «J’avais l’impression que c’était tout ce que je représentais pour lui, a-t-elle dit d’une voix tremblante. Je me sentais vraiment horrible. Je me sentais sale. J’étais humiliée. Je n’avais même pas les mots à l’époque pour exprimer à quel point je me sentais mal.»

5. Le paiement des travailleurs du sexe dépendait de leur performance
Ventura a affirmé que les travailleurs du sexe étaient généralement payés quelques milliers de dollars à la fin des orgies. Elle a déclaré que certains hommes avaient du mal à maintenir une érection. «C’était en fait assez fréquent avec des gens qu’on ne connaissait pas bien, a dit Ventura. Ils disaient que… chaque fois que Sean parlait, ça les perturbait, ou s’il déplaçait une bougie, c’était distrayant.»

Ceux qui n’étaient pas capables de performer selon les attentes de Combs, a affirmé Ventura, «ne recevaient clairement pas le montant habituel» pour la rencontre.

6. S’assurer que les travailleurs du sexe étaient «sûrs»
Ventura a affirmé que Combs lui demandait de recruter les travailleurs du sexe pour les orgies et de leur faire un petit discours explicatif à leur arrivée dans la suite d’hôtel ou l’une de leurs résidences.

Elle a dit qu’elle était responsable de s’assurer que la personne était «sûre». Ventura a précisé que cela signifiait que Combs «voulait que je vérifie si la personne était un flic, a-t-elle expliqué. Au début, je ne comprenais pas, mais j’ai fini par comprendre pourquoi.»

7. Actes sexuels «humiliants»
Ventura a témoigné que Combs lui faisait accomplir, avec les travailleurs du sexe, des actes sexuels qu’elle trouvait «humiliants», notamment des orgies pendant qu’elle avait ses règles, ainsi que des hommes qui urinaient sur elle.

«C’était dégoûtant, a déclaré Ventura. C’était trop. C’était accablant. J’ai étouffé. Il ne pouvait pas y avoir la moindre expression sur mon visage qui laissait penser que j’avais envie de faire ça. Je restais allongée par terre, dans une position dont je ne pouvais pas facilement me relever.»


Ceci est la traduction adaptée d’un article publié par Rolling Stone. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.


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Sean Combs a personnellement écrit une lettre au président Donald Trump pour lui demander une grâce, après que le fondateur de Bad Boy Entertainment a été condamné à un peu plus de quatre ans de prison, selon The New York Times.

Trump, qui fréquentait Combs à l’époque des cercles mondains de New York dans les années 1990 et 2000, ne semblait pas particulièrement ému par la situation de l’homme aujourd’hui âgé de 56 ans, affirmant qu’il n’envisageait pas d’accéder à la demande.

On ignore ce que Combs a écrit dans la lettre, tout comme la date de son envoi, mais Trump a évoqué mercredi la possibilité de la montrer à une salle remplie de journalistes. Un représentant de Combs a refusé de commenter.

Cette démarche directe auprès de Trump constitue la plus récente escalade dans les efforts du magnat de la musique pour retrouver sa liberté, après avoir été reconnu coupable en juillet de deux chefs d’accusation liés au transport de personnes en vue de se livrer à la prostitution. Ces accusations découlaient d’une vaste affaire de trafic sexuel et de racket, dans le cadre de laquelle Combs a finalement été acquitté des accusations les plus graves. Le jury l’a toutefois tenu responsable d’avoir payé des travailleurs du sexe masculins afin qu’ils traversent des frontières d’État pour participer à des «freak-offs» avec ses petites amies.

Le mois dernier, Combs a porté la décision en appel, accusant le juge fédéral Arun Subramanian d’avoir agi comme un «treizième juré» lors du prononcé de la peine en octobre. Son équipe juridique a soutenu que les accusés reconnus coupables en vertu du Mann Act «écopent généralement de peines inférieures à 15 mois pour ce type d’infractions, même lorsque la coercition, que le jury n’a pas retenue ici, est en cause».

Le juge Subramanian a toutefois précisé qu’il avait tenu compte de la quantité «massive» de preuves relatives «aux abus liés aux freak-offs et aux nuits d’hôtel» pour fixer la peine de Combs à 50 mois de prison.

«Le tribunal rejette la tentative de la défense de présenter ce qui s’est produit ici comme de simples expériences intimes et consensuelles, ou comme une banale histoire de sexe, de drogue et de rock and roll», a déclaré Subramanian au moment de prononcer la sentence. «Un historique de bonnes actions ne peut effacer le dossier de cette affaire, qui a démontré que vous avez abusé du pouvoir et du contrôle que vous exerciez sur la vie de femmes que vous prétendiez aimer profondément. Vous les avez maltraitées physiquement, émotionnellement et psychologiquement. Et vous avez utilisé ces abus pour parvenir à vos fins, notamment en ce qui concerne les freak-offs et les nuits d’hôtel. L’argument de la défense voulant que tout cela soit sans lien avec les faits reprochés dans cette cause ne tient pas.»

Rolling Stone rapportait en mai que Combs préparait le terrain en vue d’une éventuelle grâce peu après son arrestation en septembre 2024, son entourage cherchant à se rapprocher de personnes gravitant dans l’orbite de Trump à la suite de l’élection présidentielle de novembre. Puis, lorsque Combs a été acquitté des accusations les plus graves durant l’été, son équipe a intensifié ses démarches. Selon des sources à Washington, elle a commencé à prendre contact avec des stratèges politiques de l’univers trumpien, des lobbyistes et des acteurs clés afin d’obtenir leur aide pour décrocher une grâce présidentielle, évoquant des montants se situant dans la moyenne des six chiffres en échange de leur appui.

«Il est prêt à tout pour sortir de prison», confiait en mai à Rolling Stone une source qui connaît Combs depuis une dizaine d’années. «Il a toujours été comme ça. Il fera toujours ce qu’il faut pour se sortir d’une situation.»

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