Skip to content
Search

MrBeast visé par une poursuite pour harcèlement et salaires impayés

Les faits se seraient déroulés dans le cadre du tournage de l'émission Beast Games, produite et animée par le YouTubeur pour Amazon Video.

MrBeast visé par une poursuite pour harcèlement et salaires impayés
Phillip Faraone/Getty Images

Cinq anciens participants de l’émission Beast Games, produite et animée par le Youtubeur américain MrBeast, ont déposé un recours collectif contre la compagnie de production, selon des documents obtenus par Rolling Stone. Cette nouvelle poursuite a été déposée lundi, le jour même où Rolling Stone publiait une enquête où les d’anciens participants ont décrits les conditions de travail sur le tournage de l’émission, commandée par Amazon, comme dangereuses et chaotiques.

La plainte accuse MrB2024, une compagnie de production présumément détenue par Jimmy Donaldson, alias MrBeast, et Amazon d’avoir «exploité sans vergogne le travail» de centaines de candidats, et d’avoir mal décrit leur participation dans l’émission afin de se soustraire de leurs obligations quant aux droits du travail californien, notamment une compensation juste et des pauses obligatoires. Elle allègue aussi que les candidats ont souffert de conditions de travail «déraisonnables, dangereuses et illégales», incluant d’être «nourri peu et de manière sporadique», et que des femmes ont subi du harcèlement sexuel.


«Les défendeurs ont utilisé leur pouvoir de négociation supérieur pour contraindre les candidats à signer des contrats déraisonnables comportant des conditions illégales et des obligations illusoires. Ils ont également consciemment mal décrit les candidats afin de se soustraire à leurs obligations en matière d'emploi en vertu de la loi californienne», affirme la plainte.

Selon un communiqué de presse publié par une firme de consultation qui travaille de concert avec les avocats des plaignants, la plainte comporte plusieurs parties censurées, incluant des détails qui «rapportent les cas présumés de harcèlement sexuel», que les plaignants décrivent comme étant un «effort de se plier aux accords de confidentialité des défendeurs» et pour protéger leur vie privée.

Rappelons qu’en août dernier, alors que l’émission était en cours de tournage à Toronto, de premières voix se sont élevées pour dénoncer l’environnement de travail de Beast Games. Comme l’a précédemment rapporté Rolling Stone, selon l'accord et la décharge des candidats de l'émission, si un concurrent divulgue des «informations confidentielles» avant la diffusion du dernier épisode, il s'engage à payer 500 000 dollars ainsi que tous ses gains. Après la diffusion, le montant est abaissé à 100 000 dollars.

L’une des clauses de non-diffusion dans les contrats de l’équipe de tournage que Rolling Stone a pu consulter indiquait que le signataire «renonce à tout droit de demander ou d'obtenir une injonction ou toute autre mesure équitable à l'encontre du producteur ou de tout projet» et qu'il ne peut pas parler d'informations confidentielles pendant trois ans.

La poursuite accuse d’autre part l’émission de télé-réalité d’avoir créé un environnement de travail «qui favorisait une culture misogyne», notant des incidents spécifiques, dont un impliquant un membre de l’équipe de production, bien que les informations plus spécifiques aient été caviardées dans la plainte publique.

«Les candidats n’avaient aucune autonomie. Les accusés ont exercé un contrôle complet», peut-on y lire dans la plainte, qui liste des faits expurgés avant d’ajouter que les participants étaient «enfermés dans des [caviardé] très contrôlés, ou ils étaient supervisés sans aucune intimité.»

Une autre plainte dans la déposition détaille un «apport calorique insuffisant» qui a «mis en danger la santé» des candidats. (Un candidat avec qui Rolling Stone a pu s’entretenir a rapporté n’avoir reçu qu’une seule «portion de riz», lors de leur seule pause de 15 minutes dans un tournage de plus de 16 heures. Une assistante de production affirme que «le traiteur a manqué de nourriture plusieurs fois.»)

Le recours collectif allègue également que des femmes ont été victimes de harcèlement sexuel, citant que ces actions étaient permises «à cause d’ordres qui venaient de plus haut dans la hiérarchie», et a mis en lumière un manuel intitulé Comment réussir dans une production MrBeast qui était «écrit à la première personne, de ce qui semble être la perspective de M Donaldson».

Ce manuel présumé donne des informations quant aux conditions de travail aux allures de boy’s club, et a été partagé par la YouTubeuse Rosanna Pansino, qui affirme avoir confirmé son authenticité avec deux employés de MrBeast, selon la plainte. Une directive mise en évidence dans le prétendu guide dit «Si le talent veut dessiner une bite sur le tableau durant la vidéo ou veut faire quelque chose de stupide, laissez-les… Faites tout ce que vous pouvez pour encourager les gars durant le tournage et aidez-les à produire du contenu. Aidez-les à être des idiots.»

«J’ai voulu participer parce que j’étais une fan de MrBeast et ses vidéos me faisaient sourire durant la pandémie de COVID-19», dit l’une des plaignantes dans l’affaire, identifiée comme ‘Participante 5’. «Je m’attendais à être challengée, mais je ne m’attendais pas à me faire traiter de la sorte, comme une moins que rien. Et en tant que femme, je peux absolument dire avoir senti que c’était un environnement hostile pour nous. Honnêtement, nous n’aurions pas pu être plus mal traitées, en tant qu’humaines et en tant qu’employées.»

Bien que les règles et la promotion du jeu de télé-réalité disaient qu’il n’y aurait que mille participants, il y en aurait eu deux fois plus, selon la poursuite. Bien qu’aucun chiffre spécifique n’ait été donné, le recours collectif demande une compensation pour des heures de travail non payées, des pénalités de temps d’attente, des dommages punitifs, et une heure additionnelle de paie pour chaque pause-repas qui n’a pas été accordée.

«Il est évident que les participantes, en particulier, méritaient mieux», a ajouté Lizelle S. Brandt de Singian Law, avocate principale pour les plaignants. «La production a encouragé un environnement de travail hostile, qui a mené à l’harcèlement sexuel vécu par les participantes. Bien qu’on ne puisse pas défaire le mal qu’elles ont subi de la part de gens en qui elles avaient confiance, nous voulons au moins leur offrir une petite part de justice.»

Les plaignants demande par ailleurs à la cour d’ordonner à la compagnie de production et à Amazon d’être plus transparents dans la promotion de Beast Games auprès des futurs candidats, de correctement ficher les candidats comme employés, d’ajouter une réforme et des formations aux employés et aux superviseurs afin de prévenir davantage de négligence et d’harcèlement. Les anciens candidats cherchent à obtenir des dommages et intérêts substantiels, se chiffrant probablement dans les millions de dollars.

Selon le rapport de Rolling Stone, l’environnement de travail a mené à six hospitalisations, et les participants reconnaissent que la production a été mise dans une «position fâcheuse» lorsqu’ils ont tenté de donner vie à la vision qu’avait MrBeast de l’émission télé-réalité. «Ils étaient débordés et ne savaient pas quoi faire», dit Scott Leopold, un acteur basé à Austin qui a compétitionné dans la ronde qui se déroulait à Las Vegas. «Genre, les gens faisaient des choses qu’ils ne pouvaient pas contrôler.»

L'enjeu est important pour MrBeast, dont l'émission, diffusée sur Amazon Prime Video, marque son expansion au-delà de YouTube, avec 1 000 concurrents en lice pour un prix de 5 millions de dollars. Rappelons aussi que la star s’est retrouvé dans l’eau chaude plus tôt cet été, lorsque sa proche collaboratrice Ava Kris Tyson a été dénoncée d’avoir eu des contacts inappropriés avec des mineurs.

More Stories

Bad Bunny poursuivi pour 16 millions de dollars en lien avec des enregistrements vocaux
DIA DIPASUPIL/GETTY IMAGES

Bad Bunny poursuivi pour 16 millions de dollars en lien avec des enregistrements vocaux

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Nancy Dillon, originalement publié par Rolling Stone le 9 janvier 2026. Nous republions l'article originalement intitulé Bad Bunny sued for $16 million over voice recordings on 'Debí Tirar Más Fotos' and 'X 100Pre' songs avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

Bad Bunny fait face à une nouvelle poursuite de 16 millions de dollars alléguant que lui et son partenaire de production ont utilisé l’enregistrement de la voix d’une femme sur deux chansons à succès sans son autorisation.

Keep ReadingShow less
Morrissey annonce 'Make-up Is a Lie', un nouvel album dû en février
Ian Gavan/Getty Images

Morrissey annonce 'Make-up Is a Lie', un nouvel album dû en février

À 66 ans, Morrissey annonce Make-Up Is a Lie, un nouvel album attendu le 27 février chez Sire/Warner Records, une maison avec laquelle il n’avait plus collaboré depuis le milieu des années 1990.

Enregistré à La Fabrique, dans le sud de la France, l’album a été produit par Joe Chiccarelli, collaborateur de longue date de Morrissey. Le choix du lieu et du producteur s’inscrit dans une continuité esthétique: une approche organique, éloignée des standards pop contemporains, où la voix et le texte demeurent au centre. Le titre de l’album annonce clairement l’intention: dépouiller le propos de tout vernis, quitte à accentuer le malaise.

Keep ReadingShow less
Sean Combs a personnellement écrit à Trump pour demander une grâce
Sean "Diddy" Combs and Donald J. Trump in 1998.

Sean Combs a personnellement écrit à Trump pour demander une grâce

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Cheyenne Roundtree, originalement publié par Rolling Stone le 8 janvier 2026. Nous republions l'article originalement intitulé Sean Combs wrote personal letter to Trump asking for pardon avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

Sean Combs a personnellement écrit une lettre au président Donald Trump pour lui demander une grâce, après que le fondateur de Bad Boy Entertainment a été condamné à un peu plus de quatre ans de prison, selon The New York Times.

Trump, qui fréquentait Combs à l’époque des cercles mondains de New York dans les années 1990 et 2000, ne semblait pas particulièrement ému par la situation de l’homme aujourd’hui âgé de 56 ans, affirmant qu’il n’envisageait pas d’accéder à la demande.

On ignore ce que Combs a écrit dans la lettre, tout comme la date de son envoi, mais Trump a évoqué mercredi la possibilité de la montrer à une salle remplie de journalistes. Un représentant de Combs a refusé de commenter.

Cette démarche directe auprès de Trump constitue la plus récente escalade dans les efforts du magnat de la musique pour retrouver sa liberté, après avoir été reconnu coupable en juillet de deux chefs d’accusation liés au transport de personnes en vue de se livrer à la prostitution. Ces accusations découlaient d’une vaste affaire de trafic sexuel et de racket, dans le cadre de laquelle Combs a finalement été acquitté des accusations les plus graves. Le jury l’a toutefois tenu responsable d’avoir payé des travailleurs du sexe masculins afin qu’ils traversent des frontières d’État pour participer à des «freak-offs» avec ses petites amies.

Le mois dernier, Combs a porté la décision en appel, accusant le juge fédéral Arun Subramanian d’avoir agi comme un «treizième juré» lors du prononcé de la peine en octobre. Son équipe juridique a soutenu que les accusés reconnus coupables en vertu du Mann Act «écopent généralement de peines inférieures à 15 mois pour ce type d’infractions, même lorsque la coercition, que le jury n’a pas retenue ici, est en cause».

Le juge Subramanian a toutefois précisé qu’il avait tenu compte de la quantité «massive» de preuves relatives «aux abus liés aux freak-offs et aux nuits d’hôtel» pour fixer la peine de Combs à 50 mois de prison.

«Le tribunal rejette la tentative de la défense de présenter ce qui s’est produit ici comme de simples expériences intimes et consensuelles, ou comme une banale histoire de sexe, de drogue et de rock and roll», a déclaré Subramanian au moment de prononcer la sentence. «Un historique de bonnes actions ne peut effacer le dossier de cette affaire, qui a démontré que vous avez abusé du pouvoir et du contrôle que vous exerciez sur la vie de femmes que vous prétendiez aimer profondément. Vous les avez maltraitées physiquement, émotionnellement et psychologiquement. Et vous avez utilisé ces abus pour parvenir à vos fins, notamment en ce qui concerne les freak-offs et les nuits d’hôtel. L’argument de la défense voulant que tout cela soit sans lien avec les faits reprochés dans cette cause ne tient pas.»

Rolling Stone rapportait en mai que Combs préparait le terrain en vue d’une éventuelle grâce peu après son arrestation en septembre 2024, son entourage cherchant à se rapprocher de personnes gravitant dans l’orbite de Trump à la suite de l’élection présidentielle de novembre. Puis, lorsque Combs a été acquitté des accusations les plus graves durant l’été, son équipe a intensifié ses démarches. Selon des sources à Washington, elle a commencé à prendre contact avec des stratèges politiques de l’univers trumpien, des lobbyistes et des acteurs clés afin d’obtenir leur aide pour décrocher une grâce présidentielle, évoquant des montants se situant dans la moyenne des six chiffres en échange de leur appui.

«Il est prêt à tout pour sortir de prison», confiait en mai à Rolling Stone une source qui connaît Combs depuis une dizaine d’années. «Il a toujours été comme ça. Il fera toujours ce qu’il faut pour se sortir d’une situation.»

Hudson Williams annonce un «combat extérieur» dans la saison 2 de Heated Rivalry
Todd Owyoung/NBC via Getty Image

Hudson Williams annonce un «combat extérieur» dans la saison 2 de Heated Rivalry

Ceci est la traduction adaptée d’un article d'Emily Zemler, originalement publié par Rolling Stone le 8 janvier 2026. Nous republions l'article originalement intitulé Hudson Williams Teases ‘External Battle’ in ‘Heated Rivalry’ Season 2 avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

Hudson Williams a fait ses débuts en fin de soirée à The Tonight Show hier soir et a profité de l’occasion pour donner un avant-goût de ce qui attend le public dans la deuxième saison de la série à succès Heated Rivalry.

Keep ReadingShow less
La mainmise de Trump sur le pétrole pourrait entraîner plus de violence au Venezuela

Une opération pétrolière à Maracaibo, dans l'état de Zulia, Venezuela, le 12 juillet 2024.

FEDERICO PARRA/AFP/Getty Images

La mainmise de Trump sur le pétrole pourrait entraîner plus de violence au Venezuela

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Nikki McCann Ramirez, originalement publié par Rolling Stone le 1er janvier 2026. Nous republions l'article originalement intitulé Trump’s Oil Grab Could Lead to More Violence in Venezuela avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

Quelques heures après avoir mené un raid pour capturer le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, les dirigeants du gouvernement des États-Unis se sont présentés devant la presse non pas pour exalter la démocratie ou détailler un plan de souveraineté vénézuélienne, mais pour indiquer clairement leur intention de saigner le pays de ses réserves pétrolières.

Keep ReadingShow less