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L’assaut de Trump contre l’environnement est encore pire que prévu

L’hostilité de l’administration envers les énergies propres freine la capacité des États-Unis à lutter contre les changements climatiques et à demeurer compétitifs sur le plan économique.

L’assaut de Trump contre l’environnement est encore pire que prévu
Andrew Harnik/Getty Images

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Thor Benson, originalement publié par Rolling Stone le 6 janvier 2026. Nous republions l'article originalement intitulé Trump’s Assault on the Environment Has Been Even Worse Than Experts Predicted avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.



Donald Trump mène depuis de nombreuses années une vendetta contre les «éoliennes» et, plus largement, contre toute forme d’énergie propre. Il entretient des liens étroits avec l’industrie des combustibles fossiles, allant jusqu’à lui dire, en substance, qu’il ferait tout ce qu’elle voudrait si elle versait un milliard de dollars à sa campagne présidentielle. On savait que la première année de Trump de retour au pouvoir serait désastreuse pour le climat, mais des experts affirment que l’ampleur des dégâts a dépassé leurs pires craintes.

À l’image des incendies de Los Angeles au début de 2025, attisés par les changements climatiques, les dommages causés ont été accablants et brutaux.

«Je pense que bon nombre de ces actions sortent tout droit du manuel de Project 2025», explique à Rolling Stone Jennifer Duggan, directrice générale de l’Environmental Integrity Project. «Ce qui a été surprenant ou choquant, c’est la vitesse, l’ampleur et le mépris total de l’État de droit.»

L’un des exemples les plus récents remonte à décembre, lorsque Russell Vought, directeur du Bureau de la gestion et du budget et l’un des architectes de Project 2025, a annoncé que l’administration Trump démantelait le National Center for Atmospheric Research, à Boulder, au Colorado. Ce centre de recherche climatique fournissait des données essentielles aux climatologues, jouant un rôle clé dans des domaines allant des prévisions météorologiques à la sécurité aérienne. Vought l’a qualifié de source «d’alarmisme climatique».

Entre-temps, l’administration a annulé d’importants projets d’énergie renouvelable dans de nombreux États, déclenchant diverses batailles judiciaires. Elle prévoit d’abaisser les normes d’efficacité énergétique des véhicules automobiles, qui figurent parmi les principales sources d’émissions de carbone, et les investissements climatiques historiques prévus par l’Inflation Reduction Act ont été en grande partie démantelés, même si une grande partie des fonds investis avait bénéficié à des États conservateurs.

L’administration Biden avait entrepris de réglementer le méthane, un puissant gaz à effet de serre produit par l’industrie pétrolière et gazière, mais ces règlements pourraient eux aussi être abandonnés. Des dizaines et des dizaines d’autres règlements environnementaux ont été abrogés, souvent au bénéfice de grandes entreprises.

L’Environmental Protection Agency, habituellement chargée de protéger l’environnement, a été totalement réorientée. Elle s’emploie à annuler l’Endangerment Finding, une décision de l’agence datant de 2009 qui a été déterminante pour la réglementation des gaz à effet de serre. La loi oblige l’EPA à déterminer quels «polluants» elle réglemente, et pendant des années, le CO2 en a fait partie, mais l’administration Trump tente de revenir sur cette décision. Une telle mesure porterait un coup majeur aux efforts visant à réduire les émissions de carbone.

L’assaut contre les progrès climatiques est si généralisé, à l’échelle de l’ensemble du gouvernement, que l’EPA va jusqu’à retirer de son site Web les références aux changements climatiques causés par l’activité humaine. C’est peut-être prévisible de la part d’une administration qui tente de convaincre le monde que les changements climatiques pourraient en réalité être une bonne chose.

«Il me semble qu’une lecture raisonnable des actions de l’administration montre qu’ils cherchent à nous enfermer dans les combustibles fossiles à long terme», affirme Andrew Dessler, directeur du Texas Center for Extreme Weather à l’Université Texas A&M. «Alors que d’autres pays, comme la Chine, misent à fond sur les énergies renouvelables, parce qu’elles sont moins chères.»

Alors que les factures d’électricité augmentent, Dessler estime que l’administration Trump pousse le pays vers une énergie «coûteuse et polluante». L’énergie renouvelable est moins chère que l’énergie issue des combustibles fossiles depuis un certain temps déjà.

«Ce n’est pas seulement une attaque contre la réglementation. C’est une attaque contre la bonne gouvernance», soutient Daniel Kammen, professeur distingué en énergie à l’Université de Californie à Berkeley. «Il y a une vingtaine d’années, beaucoup de politiques en matière d’énergie propre et d’air pur étaient bénéfiques sur le plan environnemental et social, mais elles n’étaient pas des réussites économiques éclatantes. Elles le sont toutes devenues.»

La Chine, de son côté, aurait investi plus de 600 milliards de dollars dans les énergies renouvelables en 2025. Le pays produit tellement de composantes liées aux énergies renouvelables, comme des éoliennes, des panneaux solaires et des batteries, qu’il les exporte partout dans le monde.

«Ils vont devenir le fournisseur d’énergie du monde», affirme Dessler. «Ils veulent être l’économie dominante du XXIe siècle, et le contrôle de l’énergie est le moyen d’y parvenir.»

Kammen souligne l’ironie de voir les États-Unis avoir joué un rôle majeur dans le développement des énergies renouvelables, pour ensuite s’en détourner maintenant qu’elles sont économiquement viables et que le pays pourrait en tirer profit. Il estime qu’il s’agit d’une «mauvaise politique économique, d’une mauvaise politique environnementale et d’une mauvaise politique de compétitivité».

«La Chine, le Vietnam, l’Allemagne, ils rient tous de nous parce que nous avons fait tout le travail lourd», dit Kammen. «Nous avons fait toute la recherche et le développement pendant des décennies, et maintenant, c’est le moment d’en récolter les fruits. Cette administration a décidé de donner les bénéfices de notre travail acharné à tout le monde et de n’en tirer aucun pour elle-même.»

Les effets se feront sentir à court terme, lorsque les gens calculeront leurs factures d’électricité, mais ils auront aussi de nombreuses conséquences à long terme. Le monde ne dispose pas d’un temps infini pour gagner la lutte contre les changements climatiques, et chaque fraction de degré de réchauffement au-delà de deux degrés Celsius peut rendre les ouragans plus puissants, les feux de forêt plus destructeurs, les sécheresses plus fréquentes et les vagues de chaleur extrême plus meurtrières.

«Tout ce qui les intéresse, c’est de s’enrichir», affirme Kammen. «C’est un groupe de Néandertaliens au pouvoir.»

Même si Donald Trump, âgé de 79 ans, ne vivra pas assez longtemps pour voir l’ensemble des conséquences de la souffrance qu’il inflige au monde, les générations futures, elles, y seront confrontées. Nombre d’entre elles mourront probablement en raison des décisions prises aujourd’hui. Kammen affirme que ce qui se passe constitue un affront à l’humanité et que les personnes impliquées méritent d’être tenues responsables de leurs actes.

«Ces gens devraient tous être poursuivis un jour», dit Kammen, qualifiant l’assaut de l’administration contre l’environnement de crime contre l’humanité. «Je ne plaisante pas. Ces gens devraient être poursuivis.»

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