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Entrez dans le délire de The Beaches

Après le succès massif de leur single «Blame Brett», les rockeuses de Toronto s'apprêtent à remettre le couvert, avec l'album «No Hard Feelings».

Entrez dans le délire de The Beaches
Meg Moon

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Julyssa Lopez, originalement publié par Rolling Stone le 6 août 2025. Nous republions l'article originalement intitulé Here’s an Invitation to Get Messy With the Beaches avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

Imaginez ceci: une relation a brisé votre cœur en fragments si minuscules que vous avez sincèrement l’impression de ne jamais pouvoir vous en remettre ni ressentir quoi que ce soit pour qui que ce soit. Mais au lieu de vous apitoyer, vous canalisez toute cette douleur dans une chanson explosive et accrocheuse, avec un refrain retentissant où vous nommez directement votre ex. Et maintenant, dans plusieurs festivals cet été, des milliers de personnes vous aident à tourner la page en hurlant les paroles avec vous.


C’est exactement ce qui est arrivé au groupe canadien The Beaches avec leur succès viral Blame Brett, premier extrait de l’album Blame My Ex lancé en 2023. La chanson s’est hissée au sommet du palmarès rock de Billboard au Canada et a permis au groupe, actif depuis près de quatorze ans, d’atteindre une nouvelle notoriété. «Nous avons eu beaucoup de chance, parce qu’à ce moment-là, nous avions déjà énormément d’expérience sur scène», explique la chanteuse et bassiste Jordan Miller. «C’est là que nous sommes le plus à l’aise, ensemble. Alors quand c’est arrivé, nous étions prêtes.» S’en sont suivis des concerts un peu partout dans le monde, de nombreux festivals et une nouvelle vague de fans fidèles.

Blame Brett est un exemple parfait de l’honnêteté brutale du groupe. Composé de la chanteuse et bassiste Jordan Miller, de sa sœur Kylie Miller à la guitare, de la batteuse Eliza Enman-McDaniel et de la claviériste et guitariste Leandra Earl, The Beaches n’hésite jamais à exposer sa vulnérabilité, puisant souvent dans des expériences personnelles. Jordan, dont une rupture a inspiré Blame Brett, le dit simplement: «Nous sommes toutes un peu chaotiques.» Elle nuance aussitôt: «Bon, Eliza ne l’est pas. Mais les autres le sont suffisamment pour fournir beaucoup de matière.»

Le groupe s’apprête à lancer No Hard Feelings, prévu pour le 29 août, soit le jour même de leur passage à Gather No Moss. Cet album poursuit dans la même veine émotionnelle que Blame My Ex, mais avec une lucidité née des changements vécus depuis un an. Avant le succès de Blame My Ex, elles avaient été abandonnées par deux maisons de disques, changé de direction et d’équipe. Ce disque était leur première réalisation totalement indépendante. «C’était vraiment stressant, car nous devions financer les chansons avec nos propres revenus», raconte Kylie. «Mais c’était aussi très libérateur et agréable, parce que c’était la première fois que nous n’avions de comptes à rendre à personne sur le style ou les sons qu’on voulait explorer.»

Elles ont tiré plusieurs leçons de cette aventure pour créer No Hard Feelings, surtout à la suite de l’attention suscitée par Blame Brett. «Quand j’ai écrit [Blame Brett], nous étions encore relativement petites, et j’ai vraiment nommé mon ex», confie Jordan, qui a constaté que plusieurs fans développaient une forme de lien parasocial avec lui. «Pendant la tournée, des gens venaient me dire: “Brett est une ordure ! J’espère qu’il souffre.” Et je leur répondais: “C’est correct que je dise ça, mais la chanson parle aussi de mon propre comportement.” Et là, je suis dans une nouvelle relation, donc j’étais un peu réticente au début.»

Malgré cette hésitation, No Hard Feelings reste un projet empreint de légèreté et d’humour, tout en abordant avec franchise l’amour, la rupture et les recommencements. «Notre façon de raconter ces histoires, c’est ce qu’on appelle “The Debrief”. On s’est beaucoup inspirées de Sex and the City, que j’adore, et dans chaque épisode, le cœur du récit, ce sont les quatre filles qui jasent ensemble au brunch», explique Jordan. Elle et ses collègues profitaient des trajets en voiture vers le studio pour se confier. Leur proximité laissait émerger quantité d’anecdotes drôles et de réflexions intimes.

C’est ainsi qu’est née une chanson comme l’entraînante Touch Myself. Leandra venait tout juste de se séparer de sa copine et vivait le deuil et la tourmente d’une relation terminée. «J’étais encore complètement bouleversée. J’ai dit à Jordan et Kylie: “Je suis trop triste pour me masturber depuis la rupture”», raconte-t-elle en riant aujourd’hui. «Mais ensuite, j’ai dit: “Vous savez quoi, les filles ? Hier soir, pour la première fois depuis des mois, j’ai fait un rêve sexy avec Jeremy Allen White. Et j’ai enfin ressenti un peu de désir.” On a raconté ça à nos producteurs, ils ont adoré l’idée, et c’est devenu une chanson sur le fait d’être trop triste pour se masturber.»

Au-delà de cette honnêteté, ce qui distingue aussi The Beaches, c’est leur cohésion musicale. «Nous sommes toutes musiciennes professionnelles, et au moins trois d’entre nous jouent ensemble depuis le secondaire», explique Kylie. «Nous avons toujours été très proches, et cette amitié est au cœur du groupe, de notre musique et de notre expérience. Quand les gens viennent nous voir sur scène, ils remarquent tout de suite la connexion intense qu’on partage.»

Leur son allie le rock bruyant à des refrains lumineux et accrocheurs qui restent longtemps en tête. Kylie, Eliza et Leandra créent un mur sonore solide pour mettre en valeur la voix agile de Jordan, dont la maîtrise vocale donne une touche pop à l’ensemble. Leurs influences sont nombreuses : Kylie cite notamment Depeche Mode et The Cure, mais elles partagent toutes une admiration pour Avril Lavigne. «Je me souviens que j’étais en deuxième année quand son premier album est sorti, et c’était si puissant de la voir», raconte Jordan. «Une femme avec une guitare. C’était comme voir une femme avec une épée.»

Eliza ajoute qu’elles ont toujours ressenti une forte proximité avec Avril, qui venait elle aussi de l’Ontario, non loin de leur Toronto natal: «À l’époque, peu d’artistes canadiennes arrivaient à percer mondialement. Voir quelqu’un y arriver, c’était inspirant. On se disait : “Cette fille a grandi à deux heures d’ici, et maintenant, le monde entier chante ses chansons.”»

Aujourd’hui, elles ont tissé des liens solides avec d’autres groupes de rock menés par des femmes ou des artistes queer. Elles sont très proches du groupe The Aces, dont elles ont assuré la première partie, et ont partagé plusieurs festivals avec The Last Dinner Party. À Coachella, leur amie et collaboratrice G Flip, qui a coécrit et coproduit leur morceau Last Girls at the Party, est montée sur scène pour danser avec elles. «On lui a dit: “Viens juste danser”, parce que c’est l’une de nos meilleures amies dans l’industrie, et c’était juste le fun de l’avoir avec nous», explique Kylie.

L’album à venir réserve aussi d’autres surprises, et surtout, d’autres spectacles. Elles préparent une tournée qui passera par plusieurs salles mythiques, comme le Wiltern à Los Angeles et le Webster Hall à New York. C’est le reflet de tout le chemin parcouru par le groupe, de l’amitié qui les unit et de leur maturité musicale. «Il y a deux ans, on jouait devant sept personnes au Colorado, et maintenant, on remplit des salles immenses», raconte Kylie. «C’est toujours un moment où il faut se pincer pour y croire.»

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Sean Combs a personnellement écrit une lettre au président Donald Trump pour lui demander une grâce, après que le fondateur de Bad Boy Entertainment a été condamné à un peu plus de quatre ans de prison, selon The New York Times.

Trump, qui fréquentait Combs à l’époque des cercles mondains de New York dans les années 1990 et 2000, ne semblait pas particulièrement ému par la situation de l’homme aujourd’hui âgé de 56 ans, affirmant qu’il n’envisageait pas d’accéder à la demande.

On ignore ce que Combs a écrit dans la lettre, tout comme la date de son envoi, mais Trump a évoqué mercredi la possibilité de la montrer à une salle remplie de journalistes. Un représentant de Combs a refusé de commenter.

Cette démarche directe auprès de Trump constitue la plus récente escalade dans les efforts du magnat de la musique pour retrouver sa liberté, après avoir été reconnu coupable en juillet de deux chefs d’accusation liés au transport de personnes en vue de se livrer à la prostitution. Ces accusations découlaient d’une vaste affaire de trafic sexuel et de racket, dans le cadre de laquelle Combs a finalement été acquitté des accusations les plus graves. Le jury l’a toutefois tenu responsable d’avoir payé des travailleurs du sexe masculins afin qu’ils traversent des frontières d’État pour participer à des «freak-offs» avec ses petites amies.

Le mois dernier, Combs a porté la décision en appel, accusant le juge fédéral Arun Subramanian d’avoir agi comme un «treizième juré» lors du prononcé de la peine en octobre. Son équipe juridique a soutenu que les accusés reconnus coupables en vertu du Mann Act «écopent généralement de peines inférieures à 15 mois pour ce type d’infractions, même lorsque la coercition, que le jury n’a pas retenue ici, est en cause».

Le juge Subramanian a toutefois précisé qu’il avait tenu compte de la quantité «massive» de preuves relatives «aux abus liés aux freak-offs et aux nuits d’hôtel» pour fixer la peine de Combs à 50 mois de prison.

«Le tribunal rejette la tentative de la défense de présenter ce qui s’est produit ici comme de simples expériences intimes et consensuelles, ou comme une banale histoire de sexe, de drogue et de rock and roll», a déclaré Subramanian au moment de prononcer la sentence. «Un historique de bonnes actions ne peut effacer le dossier de cette affaire, qui a démontré que vous avez abusé du pouvoir et du contrôle que vous exerciez sur la vie de femmes que vous prétendiez aimer profondément. Vous les avez maltraitées physiquement, émotionnellement et psychologiquement. Et vous avez utilisé ces abus pour parvenir à vos fins, notamment en ce qui concerne les freak-offs et les nuits d’hôtel. L’argument de la défense voulant que tout cela soit sans lien avec les faits reprochés dans cette cause ne tient pas.»

Rolling Stone rapportait en mai que Combs préparait le terrain en vue d’une éventuelle grâce peu après son arrestation en septembre 2024, son entourage cherchant à se rapprocher de personnes gravitant dans l’orbite de Trump à la suite de l’élection présidentielle de novembre. Puis, lorsque Combs a été acquitté des accusations les plus graves durant l’été, son équipe a intensifié ses démarches. Selon des sources à Washington, elle a commencé à prendre contact avec des stratèges politiques de l’univers trumpien, des lobbyistes et des acteurs clés afin d’obtenir leur aide pour décrocher une grâce présidentielle, évoquant des montants se situant dans la moyenne des six chiffres en échange de leur appui.

«Il est prêt à tout pour sortir de prison», confiait en mai à Rolling Stone une source qui connaît Combs depuis une dizaine d’années. «Il a toujours été comme ça. Il fera toujours ce qu’il faut pour se sortir d’une situation.»

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