Ceci est la traduction adaptée d’un article d'Andre Gee, originalement publié par Rolling Stone le 15 octobre 2025. Nous republions l'article originalement intitulé .IDK.’s New Single Features DMX Ad-Libs Over Surging Kaytranada Production avec la permission de son auteur. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.
Le rappeur de PG County, au Maryland, .idk., a dévoilé aujourd’hui le vidéoclip de S.T.F., premier extrait de sa prochaine mixtape Even The Devil Smiles. Le morceau, produit par Kaytranada, mise sur un tempo rapide et comprend des voix du regretté DMX, qui ouvre la chanson en lançant: «I gots to make a move and make it soon / I gots to hit the block and make it boom.» Le rythme, qui évoque le New York du début des années 2000, démarre alors que .idk. rend hommage au producteur et à son invité: «K got the beat that make me feel like a wrestler / X got the voice to make me rap with my chest up.»
Réalisé par Ella Ezeike, le vidéoclip alterne entre des plans de .idk. rappant seul dans une pièce ou entouré de ses proches, entrecoupés de séquences de danseurs. L’esthétique passe du noir et blanc à la couleur, avec notamment des scènes où l’on voit .idk. arpenter son quartier. S.T.F. a d’abord été présenté en exclusivité lors de la tournée Forever King de LeBron James en Chine, une initiative née du fait que, selon .idk., LeBron et son équipe étaient «branchés». Ils cherchaient «une chanson énergique», explique-t-il, «et j’ai dit: je sais exactement laquelle. Ils l’ont aimée au point de vouloir l’utiliser.»
Sur S.T.F., .idk. enchaîne les rimes avec une précision rapide et fluide sur les percussions percutantes de Kaytranada, tandis que DMX livre ses ad-libs emblématiques. Le rappeur confie à Rolling Stone que la voix de DMX provient d’un morceau enregistré avec un autre artiste non identifié, probablement prévu pour sortie avant le décès du rappeur en avril 2021.
Il raconte avoir repensé à cette collaboration en écoutant une série d’instrumentaux de Kaytranada, dont celui qui allait devenir Start To Finish. «Ce beat-là ne m’avait pas marqué au début, mais après avoir vu K mixer et compris sa manière d’aborder la musique, j’ai perçu ces sons autrement. Quand j’ai réentendu celui-là, j’ai tout de suite repensé à la voix de X, parce que ça m’a rappelé son style, mais à la sauce Kaytranada.»
Par la suite, .idk. a contacté l’équipe de DMX et obtenu l’autorisation de Desiree Lindstrom et Sasha Simmons, coadministratrices de la succession d’Earl «DMX» Simmons. Il devient ainsi le premier artiste à obtenir une telle approbation. Dans une déclaration officielle, la succession de DMX souligne: «C’est très important pour nous que des artistes comme .idk. et Kaytranada s’inspirent de l’énergie d’Earl pour créer quelque chose de neuf et d’authentique. Il avait initié cette collaboration avant sa mort, et il était essentiel pour nous de concrétiser sa vision.»
Pour .idk., cette autorisation témoigne d’une confiance mutuelle: «Ça montre que la famille nous fait confiance pour créer un moment aussi spécial. Mais c’est encore plus significatif pour moi, car je peux continuer à transmettre son héritage et à faire découvrir sa musique à un nouveau public.» Il avait déjà samplé une prière de DMX sur ses albums Is He Real (2019) et USee4Yourself (2021). Les deux se sont rencontrés à plusieurs reprises, la première fois vers 2016. Lors d’une autre rencontre, .idk. dit avoir «couru après» DMX pour obtenir sa bénédiction avant d’utiliser sa prière. Ils n’ont jamais eu l’occasion de discuter de spiritualité, un thème pourtant central pour les deux artistes, mais .idk. garde le souvenir d’un «gars vraiment cool».
Quant à l’impact culturel de DMX, il souligne: «Il a su créer un univers où on n’avait pas besoin d’être bling-bling ni riche pour exister. Peut-être qu’il fallait juste investir dans une moto, mais à part ça, c’était simple: il s’agissait d’être authentique. Et c’est ce qu’il incarnait. Il a apporté à la culture hip-hop une vérité brute qu’on n’avait pas vue depuis longtemps, ou peut-être jamais de cette manière-là.»
Enfin, .idk. dit ressentir de la gratitude non seulement envers la succession de DMX, mais aussi envers l’esprit du rappeur de Yonkers lui-même. «Je suis très spirituel, donc je crois que pour que ce genre de chose se produise, il faut une vraie connexion avec la personne qui est sur le morceau, même si elle n’est plus parmi nous. Je le remercie d’avoir permis que tout cela se fasse ainsi, et on va continuer à honorer son héritage comme il se doit.»


















Gabriel Fournier


Comment être un bon spectateur
Ceci est la traduction adaptée d’un article d'Andy Greene, originalement publié par Rolling Stone le 29 juin 2026. Nous republions l'article originalement intitulé How to Attend a Concert and Not Ruin It for Others avec la permission de son auteur. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.
En 2013, on s’était donné pour mission de rappeler aux amateurs de musique qu’il est de notre devoir de rester un minimum civilisés quand on assiste à un concert. On ne demandait pas aux gens d’arrêter de boire, de danser ou de s’amuser. On voulait simplement qu’ils arrêtent de se comporter de manière grossière et de gâcher la soirée de tout le monde.
Malheureusement, le monde n’a pas écouté. En fait, l’année 2013 semble aujourd’hui une époque bien paisible et respectable, maintenant que nous vivons tous dans le décor d'enfer dystopique de 2026. À l'époque, les téléphones cellulaires n'étaient plus une nouveauté, mais la plupart des gens se souvenaient encore du temps où ils n'étaient pas greffés à nos mains 24 heures sur 24. Instagram venait à peine de naître, TikTok n'était qu'une vague idée dans l'esprit collectif du Parti communiste chinois, et la pandémie ne nous avait pas encore dépouillés des règles de civisme de base que l’on respectait autrefois en sortant de chez soi.
C’est pourquoi nous avons préparé cette nouvelle liste des comportements à adopter en concert. Certaines règles sont des versions mises à jour des anciennes, tandis que d’autres reflètent les changements que nous avons subis ces douze dernières années. Et oui, certains d’entre vous ne seront pas d’accord avec tout. Vous allez nous prendre pour de vieux moralisateurs pathétiques qui ne savent pas s’amuser. Sachez que vous faites partie du problème. Et quand on fera le point en 2037, tout sera sûrement encore pire.
Gardez vos conversations pour le bar (oui, même pendant la première partie que vous ne connaissez pas)
Quand on regarde la foule lors d’un concert, on y trouve généralement un public assez diversifié. Le seul point commun que nous ayons tous, c'est d'avoir acheté un billet pour ce spectacle précis. Cela signifie que nous sommes là pour entendre la musique. Pas pour vous entendre parler. Si vous n’aimez pas la première partie ou si vous vous ennuyez à un moment donné, dirigez-vous vers le hall ou le bar, commandez un verre et discutez autant que vous le voulez. Vous pouvez même faire une lecture publique d’un scénario de trois heures avec votre ami si ça vous chante, on s'en fiche. S'il vous plaît, ne restez pas à vos sièges ou dans la foule à hurler l'un après l'autre pour couvrir la musique. Tout le monde vous entend. C’est d'un désagrément consommé. (Et si vous avez quelques verres dans le nez, vous n’avez aucune idée d'à quel point vous parlez fort. Mais croyez-moi, vous êtes extrêmement bruyants.)
Aidez les adeptes du «crowd-surfing» et gardez les mains levées
Ce n’est pas un problème si vous allez voir James Taylor ou un vieux crooner à Las Vegas. Mais si vous êtes dans une salle bondée de jeunes et que les gens commencent à faire des vagues ou à se bousculer, soyez un être humain décent et offrez votre aide. Levez les bras, avancez vers eux et guidez-les en lieu sûr. Ce n’est pas toujours facile, et il se peut que vous receviez un coup de pied accidentel à la tête, mais l’alternative, c’est qu’un pauvre jeune s'éclate le crâne sur le béton. Personne ne veut ça. Si vous ne voulez pas gérer le «crowd-surfing», reculez vers le fond de la salle dès que l'ambiance devient plus agitée.
Respectez les règles du jeu : on ne pousse pas pour aller devant
À la seconde où les lumières s’éteignent dans un événement en admission générale, il y a toujours un ou deux sans-dessein qui se frayent un chemin vers l'avant en poussant tout le monde. Ils se fichent éperdument du fait que les gens devant eux ont attendu plusieurs heures pour obtenir leur place. Si vous voyez cela se produire et que vous vous sentez d'humeur courageuse, positionnez-vous de manière à leur bloquer le passage. Si vous êtes particulièrement brave, vous pouvez même leur mentionner qu’ils violent le pacte sacré du pit. (Formulez-le peut-être autrement.) Et surtout, ne soyez jamais le fatiguant qui pousse. Si vous voulez une bonne place, arrivez plus tôt. C’est aussi simple que ça.
Arrêtez de consulter Setlist.fm pendant le spectacle
Pour un groupe comme Phish qui change ses chansons tous les soirs, il y en a 50 comme Lady Gaga qui s'en tiennent essentiellement au même programme pendant toute la tournée. Si vous voulez savoir à l’avance ce qu’ils vont jouer, le site Setlist.fm est là pour ça. Mais une fois que le spectacle commence et que vous êtes entouré de gens qui n’ont peut-être pas voulu gâcher la surprise, arrêtez de regarder ce maudit site. Je ne compte plus le nombre de fois ces dernières années où j'ai pu voir plusieurs personnes autour de moi les yeux rivés sur Setlist.fm. Et ce n’est pas juste un coup d’œil rapide. Ils l’étudient comme s'il s'agissait d'un texte sacré, avec la luminosité de l'écran au maximum. Je parle au nom de beaucoup de monde : on ne veut pas savoir quelle est la prochaine chanson. Même si j'ai regardé la liste il y a trois semaines, je ne l'ai pas apprise par cœur. Laissez-moi la chance d'être surpris.
Ne jetez rien sur la scène
On a vraiment besoin de préciser cela ? Ne jetez pas de bouteilles de bière sur les artistes. Ne jetez pas de monnaie. Ne jetez même pas votre démo ou une lettre manuscrite. Êtes-vous devenus fous ? (En 2004, quelqu’un a jeté un bonbon sur David Bowie et l’a atteint directement a l'œil. Il a hurlé de douleur et de choc. Où que soit l'auteur de ce geste aujourd’hui, j’espère qu’il est fier de lui.)
Réfléchissez avant de vous lever ou de vous asseoir
On l’a déjà mentionné la dernière fois, mais cela vaut la peine de le répéter. Si vous êtes à un concert avec des sièges réservés, surtout dans un théâtre où la visibilité est sous-optimale, vous avez le devoir de vous assurer que les personnes derrière vous peuvent voir. On ne peut pas en vouloir à toute une foule de se lever. Mais si la majorité des gens sont assis et que vous ressentez le besoin d'être la seule personne debout à bloquer la vue des autres, abstenez-vous. On sait que votre chanson préférée vient de commencer et que vous avez des fourmis dans les jambes, mais cela n'en vaut pas la peine. Une bonne règle de base : si vous voyez parfaitement la scène en restant assis, ne bougez pas. Votre plaisir personnel ne vaut pas la peine de fâcher une foule d'autres personnes moins bien placées. (Les avis partagés divergent là-dessus, certains estimant qu’ils devraient pouvoir se lever quand bon leur semble. Ils devraient plutôt penser aux personnes plus âgées qui ne peuvent pas rester debout longtemps, ou simplement au fait de ne pas importuner leurs voisins de derrière.)
Baissez la luminosité et désactivez le flash
Dans un monde idéal, les gens ne ressentiraient pas le besoin d'utiliser leur téléphone en concert. Mais si vous cédez à la temptation, s’il vous plaît, baissez la luminosité au minimum. Dans le noir complet, un écran de téléphone est extrêmement brillant et distrayant. Je n’ai pas besoin de voir votre fil Instagram pendant que j’essaie de regarder le spectacle. Et si vous filmez, au grand minimum, enlevez le flash. Non seulement cela aveugle tout le monde autour de vous, mais ça dérange souvent l’artiste aussi.
Assez avec la blague de «Freebird»
Ce n’était pas drôle en 1978. Ce n’était pas drôle en 1996. Ce n’était pas drôle les 9 000 premières fois qu’on l’a entendue. Et ce n’est pas drôle aujourd’hui. On n’a rien contre un peu d’humour en concert. Mais pour l’amour de Dieu, trouvez une nouvelle joke. Hurler «Freebird!» est plus usé qu’un vieux sketch de cabaret des années 50.
Arrêtez de filmer et de prendre des photos !
Si vous devez ignorer tout le reste de cette liste, lisez au moins ceci. On passe déjà nos journées entières à fixer des écrans. Un concert, c’est l’occasion de les ranger et de vivre quelque chose en direct, dans le monde réel. Pourtant, pour des raisons totalement mystérieuses, une proportion gigantesque du public préfère regarder le spectacle à travers un minuscule écran de cellulaire alors qu’ils pourraient lever les yeux et le voir en direct, en ultra-haute définition. Certains font cela au tout premier rang, alors que l’artiste pour lequel ils ont payé une fortune se trouve à quelques pouces d'eux. C’est de la folie pure.
Oui, ils prennent des photos et des vidéos. Mais ce sont des images de piètre qualité qu’ils ne regarderont probablement jamais plus d'une fois. Mettez votre maudit téléphone dans votre poche. Regardez le spectacle. Pendant une heure ou deux bien précieuses, vivez le moment présent. On faisait tout le temps ça avant. On est capables de le refaire. (Je sais bien que je passe pour le vieux grincheux qui rouspète contre les nuages. Je m’en fous. Ces téléphones stupides nous ramollissent le cerveau et il faut bien que quelqu’un le dise.)
Pour l’amour de Dieu, ne chiez pas dans vos culottes
On a un peu de misère à croire qu’on doive écrire cela, mais c’est apparemment devenu nécessaire depuis que des artistes comme Noah Kahan et Olivia Rodrigo ont rapporté que des admirateurs se souillaient littéralement dessus pendant leurs spectacles plutôt qu’abandonner leur place près de la scène. Les gens, à quoi pensez-vous, pour l’amour du ciel ? La plupart des concerts durent environ deux heures. Vous pouvez vous retenir, surtout si vous allez aux toilettes juste avant le début de la représentation. C’est vrai aussi si vous êtes dans une section d'admission générale, même serrés les uns contre les autres près de la scène. On sait que vous avez attendu toute la journée pour cette place et que vous ne supportez pas l’idée que quelqu’un vous la prenne. On sait que vous avez acheté ces billets il y a des mois et que vous comptiez les secondes jusqu’à aujourd’hui. Mais cela ne signifie pas qu’il faut littéralement vous oublier sur place.
Tout ce que vous avez à faire, c’est de dire aux gens autour de vous : «Hé, je vais aux toilettes une minute. Est-ce que vous pouvez me garder ma place ? Écartez juste un peu les bras et les jambes, et je ferai de même pour vous à mon retour.» C'est pas sorcier. Les gens sont heureux de coopérer, surtout si vous ajoutez : «L’autre option, c’est que je salisse le plancher pendant votre chanson préférée.»