Ceci est la traduction adaptée d’un article de Cheyenne Roundtree, originalement publié par Rolling Stone le 23 janvier 2026. Nous republions l'article originalement intitulé Louis Tomlinson Is Sure of His Sound, But Not Much Else, on Album Three avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.
Louis Tomlinson semble enfin sûr de lui. C’est un accomplissement notable pour l’ancien outsider de One Direction, longtemps resté dans l’ombre démesurée de ce groupe qui a bouleversé la culture populaire. Sur son troisième album solo, How Did I Get Here?, Tomlinson paraît avoir trouvé son rythme. Pour reprendre la question posée par le titre, comment exactement? Le musicien s’est installé sur les plages du Costa Rica et en est revenu avec une collection de chansons pop rock ensoleillées. Mais a-t-il la tête enfouie dans le sable?
Plus tôt cette semaine, cette assurance a frôlé l’arrogance lorsque Tomlinson a semblé lancer une pique à Harry Styles dans une publication sur X. «Going to need your help over the next few days to cut through the noise. Time to give this record the moment it deserves», a-t-il écrit en s’adressant à ses fans, un message publié le jour même où Styles annonçait son premier nouveau simple en quatre ans. Qu’il ait ou non voulu qualifier la notoriété de son ancien camarade de simple «bruit», l’épisode témoigne de la confiance que Tomlinson place dans ce nouvel album et établit la barre très haut pour le projet.
Cela dit, les attentes étaient déjà élevées pour How Did I Get Here?. Après des débuts solo inégaux avec Walls, paru en janvier 2020 dans un contexte peu favorable, puis un second album sans éclat en 2022 avec Faith in the Future, ce troisième disque représente un moment charnière pour Tomlinson. A-t-il l’assurance nécessaire pour être autre chose qu’un ex-membre de l’un des plus grands boys bands de tous les temps et tracer sa propre voie?
Sur How Did I Get Here?, Tomlinson adopte une posture d’optimiste éternel et plaide en sa faveur. Ses albums précédents le montraient aux prises avec de lourdes pertes personnelles, notamment le décès de sa mère en 2016 et celui de sa sœur en 2019. En plein processus d’écriture de ce nouvel album, Liam Payne est décédé, une tragédie que Tomlinson a décrite comme «impossibly difficult» à encaisser. Malgré tout, il choisit d’aller de l’avant, quitte à regarder le monde à travers des lunettes teintées de rose.
Le résultat est une musique qui affiche une surprenante assurance, sans offrir beaucoup plus. Sur les 12 morceaux, Tomlinson déambule avec aplomb dans une pop rock funk lourde en basses, scintillante et rayonnante. Avec l’aide du producteur Nicholas Rebscher, des titres comme Imposter et Sanity devraient sans aucun doute bien fonctionner sur scène. Sur le plan des paroles, Tomlinson convoque des images très littérales de Lemonade et de Sunflowers pour dépeindre ce «temporary heaven» aérien qu’il chante.
Malheureusement, cet attachement à une vision résolument positive est précisément ce qui affaiblit ces chansons pourtant sûres d’elles. Pour un album qui se veut la déclaration artistique déterminante de Tomlinson, le propos reste mince. «Is it only human to escape into the delusion?», chante-t-il sur le simple planant Lemonade. S’il s’agit pour lui d’un mécanisme émotionnel nécessaire, soit. Mais l’évasion produit rarement un art marquant. C’est le cas de Lazy, bien nommé, où il écrit «Maybe it’s the ocean in the air / Maybe it’s just that I don’t really care». D’autres morceaux, comme Jump the Gun et On Fire, se concentrent sur des élans romantiques, donnant à l’ensemble des airs de tentative calibrée pour le Top 40, dans la lignée du Ed Sheeran de fin de carrière, une musique creusée dans un moule populaire plutôt qu’une œuvre qui ne pourrait appartenir qu’à Louis Tomlinson.
Les chansons les plus intéressantes de l’album, comme Broken Bones ou Lucid, laissent entrevoir une complexité plus sombre derrière cette nouvelle disposition solaire. «Nobody said it’s easy / But I’ve always loved a fight», chante-t-il sur la première, portée par un mélange intrigant de synthés et d’une production tendue. Lucid, quant à elle, reprend la question du titre de l’album alors que Tomlinson tente de se rassurer en répétant «I’ll be OK / I’ll dream awake». C’est un aperçu rafraîchissant d’une incertitude assumée, mais l’album se termine avant qu’il n’ait le temps de l’explorer davantage.

















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