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Rosalía se confronte et communie avec l'éternel sur «Lux»

L’agente du chaos la plus provocante de la pop livre un album transcendant, qui ne ressemble à rien d’autre dans la musique actuelle.

Rosalía se confronte et communie avec l'éternel sur «Lux»
noah p dillon*
Ceci est la traduction adaptée d’un article de Julyssa Lopez, originalement publié par Rolling Stone le 5 novembre 2025. Nous republions l'article originalement intitulé Rosalía Confronts Herself and Communes With the Eternal on ‘Lux’ avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

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Récemment, alors qu’elle faisait la promotion de son nouvel album Lux, Rosalía a diffusé un TikTok Live la montrant au volant de sa voiture, filant dans les rues mouillées de Madrid au son des Noces de Figaro de Mozart, tout en saluant des fans sur le chemin de la somptueuse Plaza Callao. En soi, une telle scène pourrait sembler banale, presque anodine, mais ces quelques secondes – une pop star contemporaine traversant la ville au rythme d’une œuvre classique intemporelle – résument à elles seules l’esprit de son album magistral.


Soyons clairs : Lux ne ressemble à rien d’autre dans la musique actuelle, et aucun autre artiste pop n’aurait pu le concevoir. Rosalía s’est imposée comme la plus audacieuse des provocatrices du genre, avec des projets radicaux comme El Mal Querer, qui fusionnait flamenco et pop, et Motomami, une exploration de la féminité portée par une production incisive et des rythmes reggaeton. Lux va encore plus loin : c’est sans doute son œuvre la plus saisissante, nourrie d’histoire et d’années d’apprentissage, où sons classiques, références à l’opéra et quatorze langues s’entrelacent dans un ensemble bouleversant et intemporel.

Comme souvent chez elle, la controverse n’a pas tardé. Le premier extrait, Berghain, spectacle baroque à l’orgue tonitruant, au chœur dramatique et aux envolées lyriques en allemand, avec la participation de Björk et d’Yves Tumor, a divisé les amateurs de musique classique. Certains ont vite qualifié le morceau de «kitsch». Mais Rosalía n’a jamais été puriste : son but a toujours été de provoquer une émotion avec les outils à sa disposition. Et elle en a beaucoup. Formée au conservatoire, elle a étudié le chant flamenco à l’École supérieure de musique de Catalogne (ESMUC), où un seul élève est admis chaque année, suivant un parcours qui allait de Chopin à Ella Fitzgerald. Mais elle garde aussi une âme rebelle : Lux choque par son irrévérence même – ce n’est évidemment pas un album classique. C’est Mozart avec l’énergie d’une baddie, Bach un joint à la bouche.

L’album, divisé en quatre sections ou «mouvements», explore la quête de soi et de Dieu dans un monde chaotique. Dès l’ouverture, Sexo, Violencia, y Llantas, ses accords de piano dramatiques posent le ton : «Comme ce serait beau de vivre entre les deux», chante-t-elle. «D’abord j’aimerai le monde, puis j’aimerai Dieu.» Sur Reliquia, portée par des cordes somptueuses, elle médite sur tout ce qu’elle a perdu – la foi, le sourire, une amie – avant de conclure : «Mais mon cœur n’a jamais été à moi ; je le donne toujours. Prends un morceau de moi, garde-le quand je ne suis pas là.»

Sur Focu ‘Ranni, elle canalise la colère et la désillusion, évoquant un mariage avorté, avant d’affirmer : «Je n’appartiendrai qu’à moi et à ma liberté.» La Perla, en duo avec Yahritza, raille un homme imbu de lui-même : «briseur de cœurs national, terroriste émotionnel, raté de haut niveau.» Mais c’est Divinize qui émerge comme le sommet de l’album : sur des cordes étincelantes et une production dense, elle passe du catalan à l’anglais pour se mettre à nu : «Fais-moi mal, j’avalerai ma fierté ; je sais que j’ai été faite pour me diviniser.»

La fin, solennelle, la montre imaginant son cercueil orné de magnolias : «Je viens des étoiles, mais aujourd’hui je retourne en poussière pour y revenir.» La voix résonne comme auréolée. Quand Lux s’achève, le rideau tombe, laissant l’auditeur seul avec un album total, aussi intense et démesuré que la vie elle-même.

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Taylor Swift n’a pas encore tourné la page de son ère «show girl». La pop star vient de dévoiler le vidéoclip du prochain extrait de The Life of a Showgirl, Opalite, un clip rempli de détours inattendus et d’éclairs absurdes.

Dans ce visuel à la fois drôle et imprévisible, Swift remonte dans les années 1990, à l’époque des centres commerciaux d’avant Internet, des infopublicités et des vidéos d’entraînement à domicile. Elle y incarne une célibataire solitaire entourée de chats, qui entretient une relation improbable avec un rocher, avant de tomber sous le charme de «la solution révolutionnaire à tous vos problèmes» qu’est Opalite. Dans une infopub, le produit promet qu’il «transforme magiquement vos problèmes en paradis grâce à notre potion chimique à la fine pointe de la technologie. Ça fonctionne sur les amitiés, les couples, les animaux de compagnie et les collègues».

S’ensuit un récit volontairement absurde, mais étonnamment tendre, porté par une distribution bien garnie. Tout porte à croire que Swift a convié l’ensemble des invités de son passage à The Graham Norton Show en octobre, incluant Norton lui-même, qui campe un vendeur de Nope-alite. Domhnall Gleeson joue l’intérêt amoureux autrefois malheureux de Swift, Lewis Capaldi apparaît en photographe de centre commercial, tandis que Greta Lee et Jodie Turner-Smith font de brèves apparitions dans des publicités télévisées. Cillian Murphy signe lui aussi un caméo.

Dans la version «Track by Track» de l’album sur Amazon Music, Swift explique que la chanson parle de «choisir le bonheur et de traverser des moments difficiles», et que son titre fait référence à «une pierre précieuse fabriquée par l’homme». Lors de l’épisode de New Heights où Swift a annoncé son douzième album, Travis a confié que Opalite était sa chanson préférée du projet. En octobre, sur les ondes de Capital FM, Swift a confirmé que c’était toujours le cas. «Il adore celle-là», a-t-elle dit.

À noter que la superstar n’a pas d’abord partagé le clip scintillant sur YouTube, optant plutôt pour une première exclusive sur deux des plus grandes plateformes de diffusion, Spotify et Apple Music. Cette décision coïncide avec le retrait des données de YouTube des palmarès Billboard, à la suite de changements méthodologiques. De toute façon, aucun des clips de The Life of a Showgirl n’a connu de sortie traditionnelle jusqu’ici. The Fate of Ophelia avait été présenté en salles à travers le pays dans le cadre des fêtes de lancement de l’album en octobre. Comme ce clip, Opalite sera mis en ligne sur YouTube dans les prochains jours.

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