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Beyoncé livre un puissant message country à l'ouverture de sa tournée «Cowboy Carter»

Lors de la première date de sa tournée à Los Angeles, Beyoncé a présenté un hommage à Jimi Hendrix, offert plusieurs apparitions de Blue Ivy et livré un commentaire percutant sur les États-Unis

Beyoncé livre un puissant message country à l'ouverture de sa tournée «Cowboy Carter»

Beyoncé le 28 avril, lors de la première représentation de la tournée «Cowboy Carter», à Los Angeles

Julian Dakdouk*

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Tomás Mier publié par Rolling Stone le 29 avril 2025. Nous republions l'article originalement intitulé Beyoncé Delivers Powerful Statement on Country at Stunning ‘Cowboy Carter’ Tour Opener avec la permission de son auteur. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

À un certain moment à l’ouverture de la tournée Cowboy Carter de Beyoncé — une performance de 36 chansons sur le thème de l’Ouest — les mots «Ne demande jamais la permission pour quelque chose qui t’appartient déjà» sont apparus en rouge sur écran géant. À bien des égards, cette devise sans compromis résume l’approche de Beyoncé face à ce que certains ont relégué à une simple «incursion dans le country». Mais au lieu de revendiquer quoi que ce soit, elle a célébré les origines noires de la culture country et son évolution.


La performance de trois heures de Beyoncé au SoFi Stadium, lundi soir, était une œuvre monumentale à assimiler. L'artiste a également rappelé à son public comment elle s’est frayé son propre chemin, en ponctuant le spectacle de morceaux aux sonorités country tirés de Cowboy Carter, tout en faisant de nombreux clins d’œil à son prédécesseur inspiré de la culture ballroom, Renaissance.

«Je veux remercier toutes celles et ceux qui m’ont précédée», a déclaré Beyoncé, vêtue d’un somptueux ensemble en cuir blanc signé Mugler, assorti d’un chapeau de cow-boy, tandis que défilaient à l’écran des images de Linda Martell et d’autres pionnières noires du country. «Je veux remercier mes fans de m’avoir permis de faire cet album. Merci de me donner la liberté créative de me dépasser.»

Le spectacle Cowboy Carter est bien plus qu’un simple show country. C'était évident dès le début, lorsque Beyoncé a envoyé valser son chapeau de cow-boy pendant Ya Ya pour livrer ce qu’elle fait de mieux: des déhanchés, des mouvements de danse emblématiques et toute l’essence de Beyoncé. Certes, les banjos résonnaient fort pendant Texas Hold ’Em, le violon portait les interprétations de II Most Wanted et Blackbiird, et elle et ses danseurs arboraient des chaps, des chapeaux de cow-boy et d’énormes ceintures tout au long du concert. Mais au final, Beyoncé a offert un spectacle de stade à la hauteur de son nom, affranchi de toute barrière de genre musical, soutenu par la chorégraphie saisissante de plus de 24 danseurs et danseuses.

Tout au long de la performance, des visuels impressionnants et des interludes ont plongé Beyoncé dans un décor de Far West, la dépeignant comme une «étrangère» dans un univers où elle n’était jamais censée avoir sa place. Mais à la fin du concert, elle a brisé ce récit — affrontant et vainquant un vieux cow-boy blanc dans un duel stylisé, les balles ricochant sur son corps. Cette scène semblait faire écho à son exclusion des Country Music Association Awards et, plus largement, à une industrie country dominée par les Blancs à Nashville, qui l’a longtemps mise à l’écart. Mais tout au long de la performance, Beyoncé a clairement montré qu’elle n’avait besoin de l’approbation de personne — elle est au-dessus de tout ça.

Beyoncé a enrichi les thèmes visuels patriotiques de Cowboy Carter d’une profondeur symbolique supplémentaire. Elle a ouvert le spectacle avec American Requiem, enchaînant ensuite une interprétation douce de Blackbiird avec une version percutante de l’hymne national américain, accompagnée de la performance poignante de Jimi Hendrix à Woodstock en 1969. La version de Hendrix, livrée un an après l’assassinat de Martin Luther King Jr., résonnait alors comme un acte de protestation en pleine période de troubles. Pour Beyoncé, elle devient à la fois un hommage et un rappel des tumultes passés et présents des États-Unis. Dans la continuité, elle a interprété Freedom, qui avait servi de bande sonore à la campagne présidentielle avortée de Kamala Harris en 2024. Elle a également chanté America Has a Problem, incluant le couplet de Kendrick Lamar, dans un décor évoquant une conférence de presse, et a proclamé avec force «but they never take the country out me» pendant une puissante version de Formation.

Sur ce morceau phare de Lemonade, Beyoncé a chanté fièrement : «I like my baby heir / with baby hair and afros», alors que Blue Ivy rejoignait la troupe de danseurs dans une chorégraphie parfaitement exécutée. Blue Ivy a été une présence constante tout au long du spectacle, partageant la scène avec sa mère sur plusieurs titres, dont Sweet Honey Buckin, Ya Ya et America Has a Problem. Plus tard, lors d’un segment dansé très énergique, Blue Ivy a défilé en solo sur Déjà Vu, le tube de Beyoncé sorti en 2006, avant de recréer la chorégraphie emblématique de l’ère B’Day, que Rolling Stone a classée comme la meilleure chanson de Beyoncé tous albums confondus.

Lors de l’un des moments les plus touchants de la soirée, la plus jeune fille de Beyoncé, Rumi Carter, est elle aussi montée sur scène pendant Protector, un morceau sur lequel on entend sa voix. La fillette de sept ans a illuminé la scène d’un sourire attendrissant et a salué la foule pendant que sa mère lui chantait une sérénade. Derrière elles, un hommage aux enfants de Beyoncé est apparu à l’écran, avec une citation du poète dont Rumi tire son prénom : «J’avais autrefois mille désirs / Mais dans mon unique désir de te connaître / tout le reste s’est évanoui.» Bien que riche en commentaires sur les États-Unis et les racines noires de la musique country, le spectacle était aussi une tendre célébration de la lignée personnelle de Beyoncé.

La chanteuse a clairement montré tout au long de la performance que le cœur de Renaissance, le premier acte de sa trilogie en trois albums, bat toujours à travers Cowboy Carter. En plus d’interpréter des titres comme Cuff It, Heated et Thique à d’autres moments du spectacle, elle a glissé de subtiles références à l’esthétique métallique et argentée de cette ère, notamment pendant Tyrant, où elle montait un taureau mécanique robotisé. À d’autres moments, un robot lui servait un verre de whisky sur un trône. Elle a aussi réimaginé le célèbre cheval de Renaissance, Reneigh, désormais doré, et livré les chorégraphies originales de I’m That Girl, Cozy et Alien Superstar, avec des accessoires revisités pour s’harmoniser avec l’univers country doré du nouvel album. «Bon retour dans la Renaissance, tout le monde», a-t-elle lancé sur scène, alors qu’une fête de style ballroom envahissait le plateau.

Parmi les moments forts du spectacle, on retient aussi la version décalée de Diva, dans laquelle Beyoncé imite une vidéo virale de TikTok où elle pointe une fan indistincte dans la foule en répétant «She ain’t no divaaaaa». Durant Thique, elle a intégré des éléments de Bills, Bills, Bills, de Destiny’s Child, laissant croire aux fans qu’un ou deux hits du groupe s’étaient glissés dans la setlist. (Ce n’était pas le cas, même si des images du groupe à ses débuts ont été diffusées pendant un interlude.) Plus tard, elle a traversé le stade sur un immense fer à cheval rose en chantant Daddy Lessons — sa première interprétation live de ce morceau depuis 2016 — dans une section nommée d’après Jolene de Dolly Parton.

Le point culminant du spectacle est survenu dans l’acte final, lorsque Beyoncé a joué un remix de Texas Hold ’Em, conservant ses accents country avant de passer sans transition à son succès Crazy in Love.

Les trois heures passées avec Beyoncé ont semblé ininterrompues tant elle a enchaîné presque l’intégralité de Cowboy Carter durant le concert. Chaque élément du spectacle semblait calculé et maîtrisé à la perfection, laissant peu de place à l’improvisation. C'est une mise en scène théâtrale qui, une fois de plus, place Beyoncé dans une catégorie à part.

Pour clore la soirée, Beyoncé a survolé le stade dans une voiture classique volante ornée d’un drapeau américain, menant une immense chorale improvisée sur son morceau de Cowboy Carter, 16 Carriages. En rappel, elle est revenue drapée dans une robe imprimée du drapeau des États-Unis pour chanter Amen devant un visage masqué de la Statue de la Liberté — dont les cheveux étaient coiffés en tresses, détail hautement symbolique. Beyoncé a clairement réfléchi en profondeur au message qu’elle voulait transmettre avec ce spectacle (et l’album monumental qu’il célèbre). Il ne s’est même pas encore écoulé deux ans depuis sa tournée Renaissance et, pourtant, Beyoncé continue de prouver qu’elle évolue dans une autre dimension. La tournée Cowboy Carter est tout simplement incontournable.

Beyoncé poursuivra sa tournée avec quatre autres concerts à Los Angeles, le prochain étant prévu pour le jeudi 1er mai. Elle se produira ensuite à Chicago et dans le New Jersey, avant une série de spectacles à Londres et Paris, puis reviendra aux États-Unis pour des dates à Houston, Washington D.C., Atlanta, et terminera en beauté à Las Vegas en juillet.

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Taylor Swift n’a pas encore tourné la page de son ère «show girl». La pop star vient de dévoiler le vidéoclip du prochain extrait de The Life of a Showgirl, Opalite, un clip rempli de détours inattendus et d’éclairs absurdes.

Dans ce visuel à la fois drôle et imprévisible, Swift remonte dans les années 1990, à l’époque des centres commerciaux d’avant Internet, des infopublicités et des vidéos d’entraînement à domicile. Elle y incarne une célibataire solitaire entourée de chats, qui entretient une relation improbable avec un rocher, avant de tomber sous le charme de «la solution révolutionnaire à tous vos problèmes» qu’est Opalite. Dans une infopub, le produit promet qu’il «transforme magiquement vos problèmes en paradis grâce à notre potion chimique à la fine pointe de la technologie. Ça fonctionne sur les amitiés, les couples, les animaux de compagnie et les collègues».

S’ensuit un récit volontairement absurde, mais étonnamment tendre, porté par une distribution bien garnie. Tout porte à croire que Swift a convié l’ensemble des invités de son passage à The Graham Norton Show en octobre, incluant Norton lui-même, qui campe un vendeur de Nope-alite. Domhnall Gleeson joue l’intérêt amoureux autrefois malheureux de Swift, Lewis Capaldi apparaît en photographe de centre commercial, tandis que Greta Lee et Jodie Turner-Smith font de brèves apparitions dans des publicités télévisées. Cillian Murphy signe lui aussi un caméo.

Dans la version «Track by Track» de l’album sur Amazon Music, Swift explique que la chanson parle de «choisir le bonheur et de traverser des moments difficiles», et que son titre fait référence à «une pierre précieuse fabriquée par l’homme». Lors de l’épisode de New Heights où Swift a annoncé son douzième album, Travis a confié que Opalite était sa chanson préférée du projet. En octobre, sur les ondes de Capital FM, Swift a confirmé que c’était toujours le cas. «Il adore celle-là», a-t-elle dit.

À noter que la superstar n’a pas d’abord partagé le clip scintillant sur YouTube, optant plutôt pour une première exclusive sur deux des plus grandes plateformes de diffusion, Spotify et Apple Music. Cette décision coïncide avec le retrait des données de YouTube des palmarès Billboard, à la suite de changements méthodologiques. De toute façon, aucun des clips de The Life of a Showgirl n’a connu de sortie traditionnelle jusqu’ici. The Fate of Ophelia avait été présenté en salles à travers le pays dans le cadre des fêtes de lancement de l’album en octobre. Comme ce clip, Opalite sera mis en ligne sur YouTube dans les prochains jours.

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