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Sur «Mixtape Pluto», Future oscille entre torture et hédonisme

Le dernier projet du rappeur offre une dose de réalité au milieu d'une année grandiose avec Mixtape Pluto.

Sur «Mixtape Pluto», Future oscille entre torture et hédonisme
Prince Williams/Wireimage

Ceci est une traduction d’un article par Christopher R. Weingarten et originalement publié dans Rolling Stone le 23 septembre 2024. Nous republions l'article originalement intitulé Future Delivers a Splash of Reality in the Middle of a Blockbuster Year on ‘Pluto Mixtape’ avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

Le premier mixtape solo de Future en huit ans, le brut et immédiat Mixtape Pluto, arrive comme une rechute, ramenant à la surface les démons familiers qui hantaient ses projets sombres, nocturnes et torturés comme Monster et 56 Nights il y a une décennie.

C’est une dose rapide de réalité au milieu d’une année de 12 mois marqués par des succès comparativement plus luxueux et cinématographiques. Ses collaborations avec Metro Boomin, We Don’t Trust You en mars et We Still Don’t Trust You en avril, ont toutes deux atteint la première place, offrant aux fans près de deux heures et demie de trap-pop luxueuse, cinématographique et à la pointe de la technologie. À juste titre, il pourrait continuer à briller aux côtés de The Weeknd et Kendrick Lamar, en faisant des raps langoureux sur des samples des Isley Brothers et en sortant des bangers trap avec Travis Scott et Playboi Carti. Mais au lieu de ça, Mixtape Pluto est plus sombre et nocturne, hédoniste à un moment, puis rempli de regrets l’instant d’après, débauché mais blessé. Ou, comme il le rappe dans South of France : «Gotta talk about my dark days so you can see my light».


- YouTubewww.youtube.com

Le côté fuckboy de Future, rendu célèbre par des morceaux comme Low Life en 2016, se pavane ici avec des histoires de virées de magasinage, de dépresseurs et de sa sexualité débridée, mais — crucialement — ne semble jamais vraiment satisfait. Il s'achète une flotte de voitures de luxe tout au long de l'album — Bugatti, Ferrari, Rolls Royce Spectre, Mercedes Benz G-Wagon — mais souligne qu'il les conduit de façon imprudente, trop vite et du mauvais côté de la route. Le morceau phare de l’album, Too Fast, est un classique-en-devenir du hip-hop, qui raconte la chute face aux tentations du succès, mais racontée dans le style inimitable de Future. Son argent est dépensé et redépensé pour emmener une fille à Rodeo Drive à Beverly Hills et au Design District à West Hollywood, en mentionnant Hermès, Chanel, Bvlgari, Pucci, Patek et Richard Mille au passage — la twist est qu’il n’est même pas sûr qu’elle lui plaît.

Les chansons légères de deux minutes sur Mixtape Pluto sont en net contraste non seulement avec les vibes hypnotiques et narcotiques de ses albums studio, mais aussi avec les mixtapes classiques auxquels cet album fait écho. Bien que cela ressemble à des démos, les morceaux sont loin d’être bâclés: Future expérimente avec des flows et des voix, devient parfois très verbeux et ne laisse aucune place aux featurings. Produit par une équipe de producteurs habituels — principalement Southside, vétéran de Monster, et Wheezy, le créateur de Pushin' P — les morceaux sont marqués par cette légère distorsion de SoundCloud, classique du son des mixtapes.

Dans Mixtape Pluto, Future titille ses blessures familières, exposant les excès d'une vie décadente tout en les confrontant à leurs conséquences. Les lignes les plus dégoûtantes de l'album, où il évoque débauche et sexe anonyme, ne sont jamais très loin de morceaux comme Lost My Dog, une histoire où il parle de la perte d’un ami à cause du Fentanyl, avec le vers : «Drogues dans mon corps, je pleure encore pour toi». Treize ans et 10 albums numéro un après avoir explosé avec Tony Montana, Future continue de montrer que la vie de Scarface apporte à la fois des hauts enivrants et des bas cruels.

*** 1/2

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Taylor Swift n’a pas encore tourné la page de son ère «show girl». La pop star vient de dévoiler le vidéoclip du prochain extrait de The Life of a Showgirl, Opalite, un clip rempli de détours inattendus et d’éclairs absurdes.

Dans ce visuel à la fois drôle et imprévisible, Swift remonte dans les années 1990, à l’époque des centres commerciaux d’avant Internet, des infopublicités et des vidéos d’entraînement à domicile. Elle y incarne une célibataire solitaire entourée de chats, qui entretient une relation improbable avec un rocher, avant de tomber sous le charme de «la solution révolutionnaire à tous vos problèmes» qu’est Opalite. Dans une infopub, le produit promet qu’il «transforme magiquement vos problèmes en paradis grâce à notre potion chimique à la fine pointe de la technologie. Ça fonctionne sur les amitiés, les couples, les animaux de compagnie et les collègues».

S’ensuit un récit volontairement absurde, mais étonnamment tendre, porté par une distribution bien garnie. Tout porte à croire que Swift a convié l’ensemble des invités de son passage à The Graham Norton Show en octobre, incluant Norton lui-même, qui campe un vendeur de Nope-alite. Domhnall Gleeson joue l’intérêt amoureux autrefois malheureux de Swift, Lewis Capaldi apparaît en photographe de centre commercial, tandis que Greta Lee et Jodie Turner-Smith font de brèves apparitions dans des publicités télévisées. Cillian Murphy signe lui aussi un caméo.

Dans la version «Track by Track» de l’album sur Amazon Music, Swift explique que la chanson parle de «choisir le bonheur et de traverser des moments difficiles», et que son titre fait référence à «une pierre précieuse fabriquée par l’homme». Lors de l’épisode de New Heights où Swift a annoncé son douzième album, Travis a confié que Opalite était sa chanson préférée du projet. En octobre, sur les ondes de Capital FM, Swift a confirmé que c’était toujours le cas. «Il adore celle-là», a-t-elle dit.

À noter que la superstar n’a pas d’abord partagé le clip scintillant sur YouTube, optant plutôt pour une première exclusive sur deux des plus grandes plateformes de diffusion, Spotify et Apple Music. Cette décision coïncide avec le retrait des données de YouTube des palmarès Billboard, à la suite de changements méthodologiques. De toute façon, aucun des clips de The Life of a Showgirl n’a connu de sortie traditionnelle jusqu’ici. The Fate of Ophelia avait été présenté en salles à travers le pays dans le cadre des fêtes de lancement de l’album en octobre. Comme ce clip, Opalite sera mis en ligne sur YouTube dans les prochains jours.

The Fate of Ophelia vient tout juste de conclure une séquence historique en devenant le plus grand succès de la carrière de Swift, avec dix semaines consécutives au sommet du Billboard Hot 100, un record personnel. Opalite pourrait bien suivre le même chemin. La chanson a fait ses débuts au deuxième rang du palmarès et se maintient actuellement au dixième échelon. Si elle atteint la première place, ce serait la première fois depuis 1989 que deux chansons issues d’un même album de Swift se hissent au sommet du Hot 100.

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