Ceci est la traduction adaptée d’un article de Jon Blistein, originalement publié par Rolling Stone le 5 janvier 2026. Nous republions l'article originalement intitulé Björk calls for Greenland independance as Trump revives takeover threats avec la permission de son auteur. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.
Björk a partagé un message de solidarité avec le peuple groenlandais après que Donald Trump et son administration ont ravivé des menaces de prise de contrôle du pays, dans la foulée de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro.
«Je souhaite à tous les Groenlandais des bénédictions dans leur lutte pour l’indépendance», a écrit Björk sur Instagram lundi (5 janvier), avant d’ajouter: «Le colonialisme m’a donné à répétition des frissons d’horreur le long de la colonne vertébrale, et la possibilité que mes compatriotes groenlandais passent d’un colonisateur cruel à un autre est trop brutale pour être même imaginable. “Úr öskunni í eldinn”, comme on dit en islandais.» (L’expression se traduit par «Des cendres au feu».)
Si l’allusion de la musicienne islandaise aux menaces américaines était claire, une grande partie de son message portait surtout sur la relation du Groenland avec le Danemark. Le Groenland n’est plus une colonie danoise depuis les années 1950, mais il demeure un territoire semi-autonome du Danemark, avec son propre gouvernement local et deux représentants au parlement danois. Le Danemark continue aussi de contrôler les affaires étrangères et la défense du Groenland, et contribue à plus de la moitié du budget public du pays.
L’Islande, pays natal de Björk, possède elle aussi un passé colonial avec le Danemark, qui remonte à la première moitié du XXe siècle. L’Islande est devenue indépendante en 1944, et Björk écrit que ses concitoyens sont «extrêmement soulagés d’avoir réussi à se détacher des Danois» et qu’ils «n’ont pas perdu [leur] langue».
Elle a ensuite partagé deux récits éprouvants liés au contrôle danois sur le Groenland. Le premier fait référence à une poursuite intentée en 2024 par 140 femmes groenlandaises, accusant le Danemark de leur avoir posé des dispositifs intra-utérins sans leur consentement ni leur connaissance afin de réduire la population du Groenland. On estime que près de 4 500 femmes et jeunes filles ont été touchées entre 1966 et 1970.
«Elles ont mon âge et sont plus jeunes … sans enfants», a écrit Björk.
Elle a aussi mentionné les tests de «compétence parentale» auxquels le Danemark a soumis des Groenlandais pendant des années, jusqu’à leur interdiction finale en mai dernier. Ces tests, bien que fréquemment utilisés au Danemark dans le cadre d’enquêtes en protection de l’enfance, ont été critiqués comme étant inappropriés et inadaptés aux Groenlandais et à d’autres minorités. Le message de Björk évoque une mère groenlandaise dont la fille a été retirée seulement deux heures après sa naissance en 2024. Malgré l’interdiction des tests depuis, la mère et l’enfant n’ont toujours pas été réunies.
En conclusion de son message, Björk a écrit: «Chers Groenlandais, déclarez l’indépendance !!!! Vœux de sympathie de la part de vos voisins. Je vous envoie de la chaleur.»
















