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Voici pourquoi «White Lotus» a changé sa chanson thème

La série américaine, qui met en vedette l’actrice québécoise Charlotte Le Bon, fait fureur. Derrière son générique d'ouverture emblématique, se cache un autre artiste local, Cristobal Tapia de Veer.

Voici pourquoi «White Lotus» a changé sa chanson thème
Fabio Lovino/HBO

Ceci est la traduction adaptée d’un article de Krystie Lee Yandoli, originalement publié par Rolling Stone le 28 février 2025. Nous republions l'article originalement intitulé What’s Up With the ‘White Lotus’ Theme Song? The Show’s Music Supervisor Explains, avec la permission de son autrice. Notez que certaines subtilités et nuances peuvent différer de la version originale.

Lorsque le superviseur musical Gabe Hilfer a été invité à rejoindre l’équipe de The White Lotus pour la deuxième saison, il n’a pas hésité une seconde.


«C’est génial de faire partie d’un projet qui alimente les conversations, confie Hilfer à Rolling Stone. C’est un travail considérable, on utilise énormément de musique, mais c’est une série tellement satisfaisante parce qu’elle est simplement excellente et que tout le monde est très professionnel.»

Mais de travailler sur une série marquante avec une base de fans passionnée peut aussi susciter des débats animés, comme ce fut le cas lorsque la troisième saison a été lancée avec une toute nouvelle trame sonore d'ouverture. Le compte Instagram de la série a été inondé de commentaires désabusés, du type: «Respectueusement, remettez l’ancienne chanson thème, c’est quoi ce truc?».

«Le fait que les gens y prêtent autant attention témoigne de la popularité du générique précédent, estime Hilfer. La musique est si centrale dans la série que le public s’y attache énormément.»

Hilfer, 48 ans, qui a aussi travaillé sur des séries marquantes (et parfois polarisantes) comme Mare of Easttown et Ozark, ainsi que sur des films tels que Creed, Crazy Rich Asians et Nickel Boys, revient sur son expérience sur The White Lotus.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler sur The White Lotus?

Une bonne amie et collaboratrice, Janet Lopez, a travaillé sur la première saison, mais n’était pas disponible pour la deuxième. Elle m’a demandé si ça m’intéressait. Il y a deux séries dans ma carrière où, quand on m’a appelé pour me proposer le poste, j’ai dit «oui» immédiatement, sans même demander le tarif ou l’horaire. L’une d’elles était Eastbound & Down et l’autre, The White Lotus.

À quoi ressemble votre collaboration avec Mike White?

Comme cette saison se déroule en Thaïlande, il fallait plonger dans la musique thaïlandaise: explorer les styles, les genres, les artistes majeurs et trouver des personnes ressources. Ce n’est pas un domaine dans lequel j’étais expert, donc mon travail était d’en apprendre le plus possible et de m’entourer des bonnes personnes. On a eu la chance de collaborer avec des artistes locaux qui nous ont aidés à entrer en contact avec d’autres musiciens. On a aussi constitué une vaste bibliothèque musicale pour couvrir différents besoins en postproduction: un morceau énergique, quelque chose de plus spirituel… C’est beaucoup d’essais et d’ajustements. On veut vraiment que ces moments musicaux soient marquants et qu’ils s’intègrent pleinement au montage. On n’a pas peur de les mettre de l’avant parce que la musique est une composante essentielle de la série.

Comment travaillez-vous avec le compositeur de la série, Cristobal Tapia de Veer?

Cristo est une force créative en soi. Il compose la musique et je ne donne pas de directives sur la trame sonore. Il a sa propre approche et moi la mienne, mais on collabore et on se croise puisque nous faisons partie de la même équipe musicale. Lors des séances de spotting, on regarde les épisodes finalisés, on discute des choix musicaux et on voit si on doit ajuster certaines choses.

Le nouveau générique a beaucoup fait réagir! Comment a-t-il été conçu?

Le générique change à chaque saison pour refléter le ton et les thèmes abordés. Les deux premières saisons avaient des génériques liés sur le plan créatif, mais ils étaient tout de même distincts. La troisième saison explore la spiritualité et la musique devait en être le reflet. Je pense que les gens le remarquent davantage parce qu’il est très différent de celui de la saison précédente, qui était extrêmement apprécié. Ça donne un peu l’impression qu’on leur a enlevé leur toutou préférée! Mais je suis certain qu’après trois ou quatre épisodes, ils s’y seront habitués.

Mike laisse une grande liberté à Cristo pour ces thèmes. Il lui demande: «Comment veux-tu l’interpréter cette année?» Puis ils en discutent et le développent ensemble. La série a cette volonté de ne jamais se répéter. La réinvention fait partie de son ADN et la musique en est un bon reflet. Et il y aura un nouveau thème la saison prochaine, c’est certain.

La musique de The White Lotus est très appréciée du public. Comment percevez-vous son rôle dans la série?

Beaucoup d’attention est portée aux décors et à l’esthétique visuelle et la musique en fait partie intégrante. Dans la première saison, on était plongés dans la musique hawaïenne. Pour la deuxième, c’était l’Italie. Cette année, on met de l’avant la musique thaïlandaise pour renforcer l’immersion. Tout cela est très intentionnel. Quand l’équipe de montage et les producteurs considèrent la musique comme un élément clé – qui joue presque en continu et qui influence l’émotion du spectateur –, elle devient aussi essentielle que les décors et les costumes. J’ai travaillé sur des projets où la musique devait se faire discrète, mais ce n’est pas du tout le cas ici. Mike White adore la musique et cherche constamment comment en tirer le maximum d’impact émotionnel.

Quel a été votre moment préféré cette saison?

Dès le premier épisode, quand tout le monde arrive à l’hôtel en bateau, on entend Made in Thailand de Carabao. C’est un vrai moment fort. On a aussi placé une reprise de Iron Man de Black Sabbath pour une scène où le personnage de Patrick Schwarzenegger plane comme un requin autour de sa proie. On a parlé tôt dans le processus de trouver des reprises en thaï. Il y en a une qui arrive dans l’épisode quatre, A Ba Ni Bi, une chanson qu’on trouvait parfaite et dont on a découvert après coup qu’elle avait gagné l’Eurovision en 1979. Ça a été une belle surprise parce qu’on l’avait choisie purement pour sa musicalité avant d’en apprendre l’histoire.

Ressentiez-vous une pression particulière après avoir remporté un Emmy pour la deuxième saison?

Pas vraiment. The White Lotus, c’est la vision de Mike White. Il écrit et réalise chaque épisode, il supervise tout et nous, on suit son instinct créatif. Emmy ou pas, l’objectif est toujours de livrer une musique à la hauteur du reste de la série – du scénario, du casting, de la direction photo et de la trame sonore.

Vous avez travaillé sur de nombreuses productions marquantes. Récemment, Nickel Boys a été nommé aux Oscars. Comment s’est déroulée cette expérience?

Il y a une différence entre le résultat final et la façon dont un projet est réalisé. Parfois, un film peut être excellent, mais le processus de production difficile. Avec Nickel Boys, ce n’était pas le cas. Ramell Ross est un réalisateur visionnaire, et les producteurs sont des collaborateurs proches qui ont une véritable exigence artistique. C’est très gratifiant de voir le film reconnu.

Quels sont vos prochains projets?

Je travaille sur Task, une série de Brad Inglesby (Mare of Easttown), qui sort cette année. Il y a aussi The Studio, avec Seth Rogen, une satire du milieu hollywoodien qui arrive fin mars. La dernière saison de Righteous Gemstones sort ce mois-ci. Et puis, il y a Lanterns, un projet HBO sur Green Lantern écrit par Chris Mundy (Ozark) et Damon Lindelof. On vient de commencer le tournage et ça s’annonce incroyable.

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